Sur la terre des empires qui nous enterrent, les tribus barbares s’agrègent pour harceler les murs. Les cavaleries surgissent pour les refouler. Les armées partent à la conquête d’un au-delà toujours plus vaste. Les champs de bataille se couvrent de cadavres. Les empires s’agrandissent, les terres sauvages rétrécissent. Dans les grands colisées des grandes cités ou sur les places publiques des agglomérations, on flagelle, on écorche, on crucifie, on fait spectacle des pires cruautés et la foule en liesse hurle de plaisir. Sur la terre des empires qui empirent, lorsque les trompettes résonnent, les pigeons s’envolent, les charognards approchent. Quel est cet animal qui a perdu toute proportion dans sa férocité et s’en couronne de gloire ? Un empire était plus cruel que les autres. Il dévastait les forêts. Il creusait des mines profondes qui finissaient par s’effondrer sur les esclaves. Il soutirait tant de blé, d’orge et de seigle des prairies, il y faisait brouter tant de bêtes, qu’il étendait les déserts à perte de vue.
Par on ne sait quelle magie, une contrée à la périphérie de cet empire pire que pire semblait avoir été épargnée. Un peuple paysan ne possédait rien d’alléchant. Dans ce modeste pays, on cultivait des petits bonheurs sans gloire et sans honneur. Une vallée traversait une plaine du nord au sud en réunissant deux lacs de bonne taille entourés d’oliviers, de figuiers et de pâturages. Le tout borné d’une mer à l’ouest et de montagnes sèches et nues à l’est. Pour l’empire, le nord de ce pays avait peu d’intérêt, on n’y soutirait qu’un maigre tribut. Au sud s’agitait la capitale, là, il y avait de la chair à manger et des os à broyer. Une religion faisait plier les nuques et les prêtres ne détestaient pas la corruption. Dans leur temple gigantesque, ils cultivaient l’or et le mystère derrière un rideau opaque et soyeux qu’il était interdit d’ouvrir.
Au nord, dans la contrée des oubliés, on n’aurait jamais trouvé un seul denier à l’effigie de l’empire. On se concentrait sur des péchés ordinaires : des disputes de village, des commérages sans trop de conséquences. Ensuite venaient les pardons, les larmes et les embrassades pour resserrer les liens sociaux. « Ne fais pas plus de mal aux autres que le mal que tu supporterais d’eux ». Sur ce principe se greffaient des mœurs plutôt tatillonnes sur l’hygiène, les tabous alimentaires, les ablutions, les rituels… Cela suffisait à expliquer les corrections ordinaires qui descendent du Ciel. Par ces péchés limités et ces punitions mesurées, chaque famille croyait tenir les cordeaux de son malheur. Des gens d’un vieux savoir-vivre qui ne s’aventuraient pas à trahir le prochain pour grimper plus haut sur le piédestal social.
Parmi les villages des contrés oubliées du nord, un bourg sur le bord du lac passait plus inaperçu que les autres. Installés sur des terres de roches et de paix, les hommes pêchaient de la barre du jour à la pointe du midi. Ils dormaient l’après-midi avant d’aller aux travaux des champs le soir. Ils n’avaient pas l’énergie nécessaire pour narguer les soldats qui venaient de temps à autres récolter les impôts et fustiger deux ou trois récalcitrants. Le village rentrait sa rage dans ses entrailles et se lamentait au Ciel. On se réunissait souvent le soir, à la génuflexion du soleil, à l’atelier des barques, pour discuter ou implorer le Juge suprême de ne pas utiliser des étrangers pour les punir.
Dans les maisons et les cours, le silence de la sieste était de mise tout l’après-midi. Les enfants se réunissaient près du puits, au milieu des vieillards qui redevenaient fleurettes en les entendant rire. Un jour, des jeunes avaient attaché une amarre abandonnée, mais encore solide, entre deux arbres. Ils s’amusaient à marcher dessus, à tenir le plus longtemps entre l’humiliation de tomber et le désir d’épater. Une fille réussissait mieux que les autres. Le fils du constructeur de barques l’observa longuement et arriva, un peu par orgueil, un peu par chance, à se rendre jusqu’au bout sans tomber. Mais ensuite, trop occupé à savourer les regards jaloux de la fille, il n’arrivait plus à faire cinq pas sans tomber. Il s’appelait Josh.

Peinture de Pierre Lussier
Par une nuit de belle lune, alors qu’il se pratiquait dans l’espoir de l’emporter sur la fille, il remarqua un homme qui était assis sur le bordage d’une barque, les pieds sur la grève. L’eau du lac scintillait devant son regard. Le garçon tomba en bas de l’amarre. L’homme se retourna et s’approcha.
— Jeune homme, tu pourrais être un bon funambule et prendre plaisir à l’équilibre d’une bonne vie. Ne pense pas à épater ton village et à impressionner une fille qui t’admire déjà, regarde plutôt l’horizon droit devant et porte ton attention sur les oscillations de la corde. Le reste se fera par soi-même, car ton corps aime l’équilibre et le connaît mieux que toi, et ton cœur recherche ce qu’il y a au-delà de l’horizon et y va spontanément. Tu n’es pas fait pour vivre dans un pot de fleurs.
Le ton de sa voix était si doux, si bienveillant, si assuré. Cet homme pense, se dit Josh à lui-même, il vit, il réfléchit et il en tire quelque chose. Il existe donc une source d’où je peux penser. Ce fut pour lui une révélation. Il remonta sur la corde, oublia la fille, fixa l’horizon, se concentra sur l’oscillation de la corde que son corps contrebalançait aisément de lui-même. Il arriva au bout sans effort. Il se retourna… L’homme avait disparu.
Les nuits de belle lune, il se pratiquait tout en jetant des coups d’œil à la barque qui scintillait sur le lac. Il devint un remarquable funambule. Il allait de l’avant, fier d’être né et plein de confiance. Cette confiance lui permettait d’approcher de la source et de réfléchir. Il tirait des enseignements de tout ce qu’il faisait et de tout ce qu’il voyait.
Pour son rituel de puberté, il fut amené par son père à la capitale. Dès qu’il entra dans la grande ville, ce fut l’horreur. Il vit des rebelles cloués sur les murs, des esclaves fouettés jusqu’au sang, des lépreux chassés de la ville comme des chiens… Sentant son malaise, le père lui prit solidement la main et crut bon de l’approcher d’un cercle de cris et d’insultes. Une petite foule excitée par un prêtre encerclait une femme. Le père expliqua au fils qu’elle avait sans doute été dénoncée par son mari pour adultère et qu’elle méritait la mort. La haine sur les visages, le plaisir que les hommes éprouvaient à dresser des pierres au-dessus de leur tête pour lui faire peur… C’était déjà trop. Le garçon s’échappa de la main de son père, courut plus vite que son souffle, tomba brutalement sur un pavé. Les genoux ensanglantés, il se releva, courut encore, puis marcha, puis erra, puis sombra… Cette fois, il était tombé d’une hauteur mortelle. L’amarre s’était cassée, l’abîme s’était ouvert. Il coulait dans un vertige inexorable, les mains crispées pour attraper quelque chose…
Il pensa immédiatement à l’homme qui filtrait la lumière de la lune avec la confiance d’un arbre enraciné dans une source intarissable. Cela l’apaisa. Il revint peu à peu à lui-même et put affronter la furie des contradictions qui se tiraillaient en lui : colère, rage, peur, pitié et dédain des hommes… Et lui n’était qu’un spectateur impuissant de ce combat épuisant… Il erra encore, ne pensant qu’à s’éloigner de la ville et du tumulte. À la fin de la journée, il était au bord du désert. Il s’y enfonça sans imaginer qu’il pouvait s’y perdre. Peut-être l’espérait-il!
Il tomba de soif. Sa langue gonflée lui donnait à peine un filet d’air à respirer. Il y avait un rideau de brume devant lui. Il crut voir l’homme de la barque en sortir et s’approcher de lui. C’était une femme. Il fut recueilli par une famille de nomades qui faisaient l’élevage des chameaux. Une veuve avait vu qu’il n’était pas mort, elle s’était approchée, lui avait donné à boire, l’avait nourri du lait d’une chamelle. Elle s’attacha à lui plus qu’elle n’aurait voulu. Il était devenu son trésor. Elle avait une fille timide, espiègle, aux yeux qui balayaient la vérité devant elle. Son rire semblait si vrai. Cette fille l’ébranla jusqu’au socle.
Le clan allait d’une oasis à une autre, d’un puits à un autre, d’une buissonnaie à une autre pour abreuver, nourrir et élever des chameaux. Dans ce bonheur simple et rugueux, riche en privation et en travail, il fallait rivaliser d’intelligence avec les chameaux, les tempêtes de sable et la solitude des grands espaces. Dans cette liberté des dunes où le vent court plus vite que sur la mer, la route invisible de la vie est aussi étroite qu’une corde de chanvre entre le puits qu’il faut quitter et l’autre qu’il faut trouver. Sur cette corde, Josh devint solide, droit et adroit, si bien que la fille l’aima. Une fille étrange, pudique dans sa djellaba, mais qui donnait le sentiment d’être nue, sans honte ni retranchement. Elle n’imaginait pas se coucher sur une fabulation pour jouir d’un baiser futile. Elle lui demanda si son amour était fiable.
« Amour », « fiable », les deux mots côte à côte se répétaient dans son esprit comme les balles d’un jongleur. Il s’éloigna et il pensa. Nous vivons, il y a tout un monde autour de nous : des arbres solitaires, des buissons épineux, des chameaux moqueurs, des oiseaux siffleurs, des filles ondulant dans la brume du matin… Dans le désert, nous avons soif, nous nous mettons à voir une mare entre des dunes, alors qu’il n’y en a pas. On en meurt. Tout est divisible, tout est fragmentable, même les montagnes sont broyées par le vent et se disloquent en grains de sable de plus en plus minuscules. Marcher sur le sable du désert, c’est marcher sur une montagne émiettée par le vent. Rien n’est fiable, alors, l’amour..!
Il pensa à l’homme, à la barque, à la lune qui scintillait… Et sans raison, il se demanda : qui rassemble la poussière que le vent finit toujours par disperser? Qui tient les éléments si bien organisés en baobabs, en oiseaux, en filles? Qui les fait si beaux? Et qui fait ce cœur qui aime? Sans le cœur, la mort, la décomposition, la dispersion ne laisseraient ni empreinte, ni regret, ni souffrance. Alors, pourquoi nous fait-il un cœur dans ce monde impermanent? S’amuse-t-il de nous?
Il marchait seul dans sa pensée quand soudain, il sentit une présence qui était déjà là depuis un certain temps. Il ne se retourna pas et garda son regard droit devant. C’était l’homme au regard scintillant. Il avait dit : « Jeune homme, porte ton attention sur l’oscillation de ton cœur. Fais confiance. Le reste se fera par soi-même. Tu n’es pas fait pour vivre dans un pot de fleurs. » L’angoisse disparut un instant. Le ciel était trop grand, la nuit trop belle, l’amour trop vrai, cela ne pouvait pas être un piège à rats.
Le lendemain, il demanda la main de la fille. Il l’aima sans prendre garde à la hauteur de la corde tendue. Il y mit toutes ses forces, tout son cœur, toute son âme. À son tour, elle l’aima de toute sa sève et de toute sa vigueur créatrice… Et selon la plus grande certitude du monde, elle mourut… Mais seulement trois années plus tard.
Josh marcha, marcha jusqu’à perdre ses forces. Il tomba à genoux en agrippant les épines d’un rosier sauvage qui était là. Il y plongea son visage. Seule la douleur pouvait atténuer sa souffrance. Il avait été trahi par la vie elle-même. Il pleura le sel et l’amer jusqu’au désespoir. Elle s’était imprimée sur son corps et dans son cœur. Elle était maintenant présence éternelle, mais présence arrachée. Son corps, ses seins, ses hanches, ses rires, sa joie, sa jouissance dans sa jouissance lui manquaient horriblement. Rien ne pouvait justifier une telle cruauté qu’un cœur planté dans l’impermanence du monde. Néanmoins, quelque chose en lui sentait que cela n’était qu’une pensée sur le fil de la pensée, peut-être même, une conclusion hâtive pour augmenter sa douleur et oublier l’arrachement. Il se calma.
Encore une fois, il eut l’impression qu’il n’était pas seul. L’homme marchait à ses côtés. Le silence le prouvait. Le sable cinglait son visage, mais il n’entendait pas le vent, pas le moindre sifflement. Il guettait l’oscillation de sa poitrine, mais il n’entendait ni sa respiration, ni son cœur, ni le moindre sifflement dans ses oreilles. L’homme était là dans le silence total, il marchait à ses côtés dans le chapiteau de sa douleur. Il la portait avec lui. Ses mains avaient serré les épines du même rosier sauvage. Il avait enfoncé son visage dans les épines… Néanmoins, sa paix, sa sérénité, sa confiance tenaient le silence dans sa primauté, rien ne pouvait y pénétrer, tout pouvait en sortir. Tout part du silence, se dit Josh à lui-même. Le silence est la source de la pensée créatrice qui fait les plantes, les arbres, les oiseaux, les filles et les cœurs. Il est aussi la source de mes propres pensées. Il y a un seul Esprit créateur, qui tient les êtres debout, qui fait les cœurs qui leur donnent leur valeur. Je ne suis pas fait pour vivre dans un pot de fleurs.
À chacun de ses pas qui touchaient le sol, l’homme à ses côtés semblait redresser sa pensée, la rendre de plus en plus claire : la douleur prouve que rien n’est perdu; l’amour ressuscite les morts qui se mettent à vivre dans notre cœur. Oui, il les ressuscite dans un corps de douleur, mais sans ce corps de douleur, qui pourrait ressentir la joie qui reconstitue les êtres dans l’amour?
Dans le silence de l’homme à ses côtés, il apprit à ressentir et à embrasser ce corps de souffrance qui est comme le terreau de la joie. Dans le silence total, Josh pensa et rien ne perturbait sa pensée. Les formes changent, apparaissent et disparaissent. Le vent efface et dissout même les montagnes, mais l’Esprit va en sens contraire, il organise les éléments, il crée les êtres. L’Esprit qui fait tous les êtres et son amour qui les reconstitue dans son cœur sont-ils fiables?
Un moment, oui, un court moment, il sentit son cœur migrer dans le cœur recréateur de l’Esprit. Il était sur terre dans l’impermanence, mais il vivait aussi et en même temps dans l’Esprit, dans son amour permanent. Nous sommes suspendus à son amour à mille pieds au-dessus des rochers, cet amarre est-il incassable? Le vent se remit à bruire, l’homme n’était plus là.
Josh tomba à genoux sur le sable. Il se sentit infiniment seul. Il ne pouvait plus revenir chez ses parents d’adoption. Les chameaux, les oasis, les marchés, la paix immense de la vie rugueuse, tout cela, sans la tente bleue de leurs nuits enlacées, le tuerait. Les souvenirs peuvent tuer la personne qui est là, vivante. Ses pas le ramenèrent à sa mère et à son peuple, car ils devaient tous enterrer leur dieu tyran, leur Juge sentencieux.
En revenant chez lui, son père était mort. Il arrivait à point nommé pour reprendre en main l’atelier des barques. On remarqua dans tout le village qu’il avait changé. C’était un homme. Il inspirait confiance, tout ce qu’il liait ne pouvait être rompu. On venait à l’atelier pour vérifier s’il était encore serein ce matin. On y restait parfois de longues heures juste pour le regarder travailler.
Un jour, un homme arriva de la capitale. Il avait entendu parler de Josh et de ses barques qu’aucun vent ne pouvait renverser. Il le regarda longuement travailler.
— Toi, tu as certainement rencontré l’enseigneur? lui demanda-t-il.
— L’enseigneur?
— Oui, celui qui enseigne par sa vie plus que par ses paroles, l’homme qui guérit les malades par la confiance qu’il inspire. Son village natal n’était pas si loin d’ici. Il a fait tout un scandale au Temple et on l’a crucifié avec deux rebelles. Tu en as certainement entendu parler. Il vit toujours.
— Tu sais, j’ai été longtemps parti.
— J’étais pourtant certain qu’il t’avait enseigné. Si tu veux un conseil, abandonne le pays, fais comme nous, ses disciples, pars alors qu’il est encore temps. Ne sens-tu pas la rébellion? Ce sera un massacre sans fin, car qui est massacré finit par massacrer à son tour. Cette terre est condamnée.
Josh ne revit jamais ce voyageur. Mais une chose était évidente : la révolte grondait et ce serait un massacre. Que pouvait-il faire? Une chose était certaine, il ne pouvait pas rien faire. Il fit deux choses. Il rassembla quelques personnes pour tenter de leur apprendre à parler, oui, parler avec leur cœur, parler au cœur, afin de les convaincre de ne pas se jeter dans une rébellion suicidaire. Il fallait d’abord s’aimer les uns les autres afin de former une véritable fraternité… Hélas, ses paroles portaient peu. Alors, un jour de grande fête où plusieurs villages s’étaient rassemblés, Josh décida de s’embarquer avec des pêcheurs qui étaient là. Il leur demanda de rester proche de la rive, car il voulait parler. Il monta sur la proue de la barque. Les pêcheurs se mirent à la faire balloter pour s’amuser. Le voyant osciller sans tomber, tout le village s’approcha. Il tendit la main, le silence se fit, les rameurs s’immobilisèrent et il parla.
« Notre créateur n’est pas un empereur cruel qui invente des péchés pour nous prendre en défaut et ensuite nous punir par l’intermédiaire d’un empire inhumain. Oui, notre Créateur nous fait mortels, mais il nous recrée immortels. Il ne nous impose ni la vie ni son amour. La vie nous est d’abord prêtée pour apprendre à nous laisser aimer et recevoir, sans la réduire, toute la beauté du monde. Ensuite, lorsque notre cœur prend toute cette beauté et toute son immensité, la vie nous est donnée à jamais parce que nous la voulons pour toujours.
« Ce n’est pas parce que nous existons que nous aimons, c’est lorsque nous aimons que nous existons vraiment. Ce n’est pas parce que j’ai un fils que je l’aime, c’est parce que je l’aime qu’il devient mon fils, même une fillette abandonnée, dès que je l’aime, est ma fille. Ce n’est pas parce que nous sommes un peuple que nous nous aimons pour autant. Ni la religion, ni la race, ni l’ethnie, ni la ressemblance, ni la proximité n’engendrent l’amour, c’est l’amour qui fait le peuple. Sans l’amour, il n’y a pas de peuple. Et parce qu’il n’y a pas de peuple, n’importe quel conquérant peut nous assujettir, il n’a qu’à nous pervertir par l’argent et nous affaiblir par la peur.
« Devenons un seul peuple qui ne rejette personne, pas même un lépreux, pas même une femme adultère, pas même un soldat désorienté. Devenons un peuple qui n’a pas d’étranger. C’est l’amour qui rend heureux. Qui peut acheter une personne heureuse? C’est l’amour qui oublie la peur. Qui peut faire obéir une personne qui ne craint rien?
La foule grossissait de minute en minute. Alors, un prêtre alla rencontrer le capitaine de la garde et lui dit : « Il y a un homme debout sur la proue d’une barque, il rassemble le peuple. Il fomente une révolte, il est en train de leur enlever la peur… » Il y alla et il s’amusa du prêtre : « Ce n’est qu’un pauvre fou, un équilibriste. Il fait rire tout le monde. » Le prêtre alla voir un de ses amis, un rebelle, et lui raconta : « Il y a un homme qui se balance sur une barque en prêchant qu’il faut aimer même les soldats de l’Empire… » Le rebelle arriva, cracha dans ses mains, prit sa lance, visa et transperça Josh de part en part.







