Phénix, L’homme de feu, blogue 1

1.    Présentation du projet

Les feux de forêt, l’acidification des océans, la fonte du pergélisol accélèrent le réchauffement qui nous conduit au moment où il faudra bien retomber sur notre humanité. À force d’accumuler les conséquences, on finira bien par les voir.

Phénix v3

Dans ma carrière de travailleur social, j’ai souvent remarqué que la violence familiale est une théâtralisation d’une violence intérieure et que l’homme qui l’exerce ne se contente jamais de petits malheurs, il accélérera et aggravera les dégâts jusqu’à ce que les conséquences lui retombent dessus comme une masse de plomb. Hélas! Il éclabousse bien plus que lui-même. C’est le prix à payer pour qu’il puisse revenir à son humanité. La violence planétaire est du même ressort.

Tout se passe comme si la composante inconsciente qui engendre le malheur met sous pression la composante consciente qui souhaite le bonheur. On aimerait que ce soit autrement, mais il semble que l’humanité naît de l’inhumanité.

Un exemple : les démocraties dans leur état actuel s’enfoncent dans un paradoxe évident : une minorité unie comme un bloc de ciment parce qu’elle ne pense pas prend nécessairement le pouvoir sur une majorité désunie parce qu’elle réfléchit encore sur ce qu’il faut faire. Les États-Unis de Donald Trump en sont la démonstration troublante. Cette faille dans nos démocraties ira probablement jusqu’à casser l’idée obsolète et plutôt abstraite de « nation » et permettre l’émergence d’une démocratie planétaire seule capable de contenir l’enflure économique qui détruit notre environnement.

J’ai dit que la violence est une théâtralisation du déchirement entre l’inconscience de nos actions et la conscience de nos adaptations. Le théâtre est né en Grèce pour aider les consciences à voir les conséquences des actions politiques : une théâtralisation verbale pour désamorcer la théâtralisation politique afin de prévenir une tragédie réelle par une tragédie symbolique. C’est sans doute une des missions de l’écrivain.

L’archétype du théâtre est, ici, le Phénix, légende égyptienne reprise sous les empires grecs et ensuite sous les empires romains. Quand le Phénix, un oiseau à la gorge d’or, à la houppe fière, aux griffes d’aigle sentait venir sa fin, il construisait un nid de branches aromatiques et y mettait le feu. Il battait des ailes pour attiser les flammes, la fumée le grisait, et il se consumait dans une ivresse de fureur. Une fois réduit en cendres, son rejeton sortait de l’œuf, tout frais, tout fragile, obligé d’user d’intelligence, parce qu’enfin conscient d’être vulnérable, dépendant de tout son environnement, fragile et mortel.

Le Phénix économico-politique qui enfume nos villes et dérègle notre climat peut-être vu comme la théâtralisation d’une fureur qui nous dévore afin d’enfanter notre humanité collective.

Je voudrais faire avancer cette idée afin que nos moments de désespoir nous poussent dans le dos vers une porte de sortie que nous pouvons prendre ensemble avant que le pire n’arrive.

Je m’associe à un militant conséquent et pratiquant qui est actif dans la FUSA Sageterre pour avancer dans cette direction. Il comprend l’économie et la politique de l’environnement, il a les mains dans la terre et se promène pieds nus dans un jardin qui dérive vers un avenir possible. Il s’appelle Gabriel Leblanc.

Nous n’avons pas d’autre plan que de marcher librement côte à côte.

4 réflexions sur “Phénix, L’homme de feu, blogue 1

  1. Bonjour Jean,

    Tu soulignes que de notre inhumanité peut émerger notre humanité. J’ai toujours de la difficulté à qualifier « d’inhumain » un comportement fait par un être humain. N’est-ce pas plutôt un comportement provenant de la zone d’ombre inhérente à tout être humain, qu’il faut reconnaître et regarder « en pleine face »?

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  2. Bonne réponse, l’in-humain est réellement non humain, donc non dans la lumière de la conscience, il vient peut-être du refus de l’humain. Par définition aussi, l’humain est le non programmable, ce qui résiste à la programmation, le refus d’être une machine et surtout une machine pour les autres.

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