La gestion et l’administration d’une Fiducie d’utilité sociale agricole (FUSA)

Une FUSA est constituée de fiduciaires qui ont pour responsabilité la préservation du capital et la vitalité de la mission.

Sigle de la ferme Sageterre

Ici, le principe de décideur-responsable est appliqué rigoureusement. Car légalement, la fiducie n’est pas une instance légale comme, par exemple, une corporation ou une compagnie. Chaque fiduciaire est pleinement responsable, c’est-à-dire qu’il doit répondre de ses décisions. Il n’est pas protégé par le paravent d’une corporation, d’un « nous » qui n’est pas une personne en particulier. Il décide et assume.

Pour toute action collective, l’équilibre est délicat entre structurer et vitaliser. Si un groupe veut faire une œuvre artistique, la structuration ne doit pas inhiber l’énergie créatrice, il en est de même pour une fiducie qui veut réaliser une mission sociale. Sans énergie créatrice, on ne pourra rien faire. Il est plus important d’encourager et de soutenir les initiatives que de les règlementer.

La FUSA est une instance qui doit s’auto-règlementer avec une vision d’avenir, l’idée que l’une de ses responsabilités est de traverser le temps. Elle devra prévoir le remplacement des fiduciaires avec l’idée de continuité. Cette continuité sera assurée, entre autres, par les bénéficiaires généraux, donc, les gens qui vivent tout autour, d’où l’importance de les intéresser. Le dynamisme des bénéficiaires particuliers est aussi très déterminant. Il faut sans cesse attirer des projets, soutenir les projets existants, favoriser leur santé, leur diversité, leur complémentarité. Son devoir n’est donc pas uniquement l’encadrement et la vérification.

Comme la démocratie est une responsabilisation par la base, je pense que toute décision qu’il est légitime de prendre par les acteurs directs de la mission doit être prise à leur niveau, quitte à être validée dans ses implications globales et légales à un niveau supérieur.

Parce qu’il s’agit d’exercer la démocratie en marche (un élément clef de l’écologie sociale), il ne faut pas penser l’action pour les autres, la planifier, et faire exécuter. Il faut cultiver un esprit, attirer des projets, soutenir des projets, et leur donner un cadre leur permettant d’atteindre avec les autres, la mission de la FUSA.

Il est dans la nature humaine de vouloir prendre des décisions, mais sans aimer assumer les coûts et les conséquences. Par ailleurs la conscience perçoit, au-delà des visions égocentriques et des peurs individuelles, la vision globale des coûts en travail, en risque, en adaptation et aussi les conséquences à court terme et à long terme sur les personnes, le groupe, la communauté, l’environnement… Mais surtout la conscience perçoit le mouvement, la motivation, l’espérance visée…

En somme, la conscience recherche la responsabilité, elle ne la fuit pas. Aussi, il est préférable de s’entendre sur les responsabilités et ensuite, les décisions doivent être prises le plus directement possible par les responsables.

L’égalité des décisions n’est pas un dogme de la démocratie, son principe de base, c’est que chacun assume les responsabilités dont il est capable et sur lesquelles nous nous sommes entendues. Et comme les décisions ont souvent un impact qui dépasse les responsabilités personnelles, on remonte vers les sous-groupes, les groupes et l’ensemble selon qui sera impliqué, touché ou impacté par les décisions. De cette façon, nous avons le maximum de motivation personnelle des consciences, et le minimum de compromis et d’ajustement nécessaires au travail d’ensemble.

Malgré ce principe, l’ensemble doit rendre possible cette remontée de la créativité et donc s’assurer de la favoriser en clarifiant la mission d’ensemble, les résultats globaux recherchés, le minimum de structures pour y arriver.

On pourrait schématiser …

  • la remontée des responsabilités et des décisions de la personne vers l’ensemble;
  • et la descente des responsabilités et des décisions de l’ensemble vers les personnes de façon suivante :

Le jeu de responsabilité

Évidemment, personne ne peut prendre des décisions que d’autres paieront ou subiront. Sans cesse, responsabilités, décisions, coûts et conséquences doivent voyager en interaction sans s’enchevêtrer. C’est pourquoi l’équilibre entre personnes, sous-goupes, groupes, ensemble, communauté en général nécessite toute la communication nécessaire.

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