Conclusion, mon choix de vivre

Après deux opérations majeures, je suis toujours en pleine forme grâce à une naturothérapie favorable à la santé et défavorable au cancer. Évidemment, cela ne change peut-être pas beaucoup les risques de rechute. Le cancer est une maladie sournoise et nous n’en savons pas assez pour configurer des guérisons. Les approches les plus scientifiques et les plus prometteuses avancent encore à tâtons (souvent loin de là où tombent les plus grosses subventions). Qu’importe ! Je vis et je n’ai pas perdu le fil de ma vie qui fonce, comme d’habitude, dans les mystères du temps et de l’espace.

2017-12-23 09.01.34

Je n’ai pas écrit ce petit livre pour dénoncer l’industrie de la chimiothérapie ni glorifier telle ou telle thérapie naturelle, encore moins pour me glorifier d’avoir vaincu le cancer, sinon, j’attendrais d’être mort avant de me déclarer ! Mais je suis vivant, c’est une preuve suffisante que je n’ai pas encore vaincu la mort, elle est toujours devant moi avec ses deux grands yeux qui m’appellent depuis ma naissance. J’ai simplement voulu partager qu’il est possible de ne pas se faire prendre dans les filets du vieillissement programmé, du cancer pris en charge par la filière médico-pharmaceutique et de la mort dramatisée. J’ai voulu déterrer pour moi-même (tant mieux si cela peut être utile à d’autres) le fil d’Ariane nous permettant de nous extirper du labyrinthe des soins et des pressions sociales.

Quelle est l’issue ?

Lorsque je fouille dans les plus vieilles traditions spirituelles, je vois deux découvertes majeures qui remontent à trois ou quatre mille ans :

  1. le cosmos est une œuvre grandiose et inachevée qui nous révèle avec une grâce et une beauté inouïes la nature de sa source créatrice un peu comme une pièce musicale nous fait découvrir la nature de son compositeur ;
  2. il y a dans l’âme humaine, dans le fond de sa conscience, une sensibilité à la vérité, à la beauté et à la justice qui rend tous les êtres humains également aptes à se réaliser et à améliorer le monde.

Mais la plus grande découverte est survenue probablement en premier dans l’esprit d’Akhenaton et ensuite simultanément dans ceux de Lao-Tseu, Bouddha Siddhârta, Platon, Isaï  : ces deux sources (le cosmos et la conscience) sont une seule et même impulsion créatrice.

Ceux qui ont déclaré avoir fait cette expérience ont été tués ou chassés, leur proposition a été ridiculisée, déformée et récupérée. Qu’importe ! à chaque époque, elle est redécouverte, et je n’ai rien trouvé de mieux pour me guider sur ma route.

Cette intuition qui a marqué mon enfance comme l’enfance de l’humanité est devenue dans ma vie une histoire de rencontres interpersonnelles et d’intimité avec la nature et son Élan créateur. Cette histoire de rencontres me donne confiance dans le mystère de la vie et de la mort. Évidemment, je dis cela en tremblant car je ne sais pas ce qui m’attend, ni la résistance de mes forces morales. Je fais pourtant confiance parce que j’ai des histoires d’amour derrière moi.

Le vieillissement ne peut être qu’une intensification de la vie qui se ramasse sur son noyau afin de nous préparer à une sorte de coït fécondateur avec notre source. Nous serons en même temps compressés sur l’essentiel et dilatés dans l’universel. Je suis très au fait que notre époque imagine bien d’autres possibilités et qu’aucune n’est vérifiable, mais c’est la seule piste qui m’apparaît échapper à l’absurde. Lorsque j’étais jeune et qu’on me présentait un problème de mathématiques, il ne s’agissait pas de trouver des réponses, mais de trouver les seules réponses qui échappaient à l’absurde. Souvent, il n’y en avait qu’une seule. Pour le moment, la continuité de la conscience participative à la création reste la seule réponse qui résiste aux tests de l’absurde que je connais.

Mais ce n’est pas suffisant, il faut que cette hypothèse devienne une expérience. J’ai partagé mon expérience pour cultiver l’espérance. Évidemment, une expérience ne se transmet pas, il faut toujours la vivre soi-même, c’est là une des grandes béatitudes qui nous forcent à vivre de nous-mêmes et non pas des autres. Et vivre de soi-même, pour tout être vivant, c’est vivre relié, et plus nous vieillissons, plus cela nous est nécessaire.

Ne nous laissons pas isoler loin de la vie ordinaire des gens, dans des bâtiments construits pour nous séparer et nous cacher ; témoignons, mais surtout écoutons, car le fruit se donne davantage dans l’écoute que dans le remplissage. Les civilisations qui ont du respect pour les vieillards, les malades et les mourants vivent sur des terres fécondes et habitées, des terres sacrées dont ils tirent les fruits ancestraux pour nourrir leurs petits-enfants. Soyons à la hauteur de notre dernière mission.

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3 réflexions sur “Conclusion, mon choix de vivre

  1. Excellent texte…
    Vieillir ne me fait pas peur, je crois que je suis revenu à la vie à 69 ans.
    J’ai aujourd’hui 72 ans et on dirait que je commence ma vie, j’apprécie chaque moment avec gratitude.
    Merci la Vie 🙏❤

    Aimé par 2 personnes

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