La maladie: moteur de la santé

Les oncologues me tiennent pour un condamné en sursis. Ils vont me « scanner » pour voir quand réapparaîtra la bête. Ils ont bien raison. Mais indépendamment de leur « pronostic », je me porte très bien, je me suis remis au jogging (à peine 2 kilomètres pour le moment) et au rameur. J’ai toute ma concentration. J’ai repris mon enseignement à l’université et mon agenda de conférences. Je suis en santé autant qu’on peut l’être, et je fais tout pour l’être grâce à une cure globale dont j’ai déjà parlé (ouf ! c’est assez exigeant, merci !) D’ailleurs, je compte sur la santé pour combattre le cancer (s’il y a encore cancer), et je compte aussi sur les cellules cancéreuses pour stimuler ma santé (comme elles le font naturellement) en autant qu’elles ne dépassent pas mes capacités immunitaires à les éliminer.

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Aucun organisme biologique ne pourrait être actuellement en santé si la maladie ne l’avait pas talonné durant toute son évolution, et c’est vrai pour toute l’évolution biologique sur terre. Sauf pour de rares espèces, le cancer a toujours existé chez les eucaryotes, c’est-à-dire les êtres vivants qui ont plusieurs cellules qui se multiplient et se spécialisent. Les types de cancers qui apparaissent surtout après soixante ans seraient dus à l’accumulation d’anomalies génétiques au cours des divisions. Lorsque les chromosomes se séparent pour former deux cellules, il se glissent de petites anomalies, ce qui est nécessaire à l’évolution. En réaction, la nature a prévu un grand nombre de systèmes de vérifications et de réparations. Les biologistes nous disent que nous guérissons de plusieurs milliers de cancers par jour, mais le nombre augmente avec le vieillissement et, un jour, le corps est débordé.

Évidemment, le fait d’être devenu des organismes très complexes augmente les risques associés aux mutations. En revanche, il ne faut pas une seule mutation, mais entre cinq et dix mutations dans une même cellule pour qu’elle devienne cancéreuse.

De même que les maladies bactériennes et virales nous aident à perfectionner nos anticorps et donc à mieux nous adapter aux agressions actuelles et futures, le cancer nous prévient (du verbe pré-venir) contre les dangers « d’évolutions anarchiques ». C’est un facteur de santé qui explose et nous déborde lorsque l’évolution extérieure (les changements environnementaux) va beaucoup trop vite par rapport à l’évolution intérieure (puissance d’adaptation des individus). Mais pire, il y a parfois « dévolution », c’est-à-dire évolution de moyens qui détruisent l’évolution naturelle de la vie. L’évolution va toujours dans la direction de la diversité, de la complexité et de l’équilibre des écosystèmes, la dévolution réduit la diversité, remplace la complexité par la complication et démolit l’équilibre des écosystèmes.

Il se pourrait que le cancer soit non seulement nécessaire à la santé évolutive des cellules, mais aussi à la santé évolutive de nos sociétés. Ce n’est peut-être pas que nos sociétés évoluent trop vite, mais trop mal, c’est-à-dire sans fil conducteur, ou même, en lâchant le fil conducteur qu’est la vie elle-même et en s’enlisant dans une dévolution dramatique. L’augmentation des cas de cancers va de pair avec l’augmentation du vieillissement de la population, mais nous arrivons à un carrefour où ils augmentent plus vite que le vieillissement et se propagent à des populations qui n’en souffraient que très peu. Le cancer nous prévient qu’il faut collectivement s’ajuster, nos corps individuels n’arrivent plus à s’adapter à la dévolution.

Imaginez alors ce qui arriverait si notre seul réflexe vis-à-vis du cancer serait de vouloir l’éradiquer sans réfléchir aux exigences d’adaptation qu’il demande ! Ce serait comme jeter le détecteur de fumée par la fenêtre et se rendormir, alors que son hurlement voulait nous sauver la vie.

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Affronter le cancer en pleine santé: La valeur d’une âme humaine

Vous n’avez probablement pas vu ce film estonien, de Martti Helde, intitulé La croisée des vents(Crosswind). À mon sens, une grande œuvre. Le 14 juin 1941, les Estoniens considérés patriotes sont envoyés en Sibérie par Staline pour des travaux forcés. Durant 15 ans, Erna écrira à son mari dont elle est sans nouvelle. Elle espère seulement qu’il pourra lire ses lettres un jour. Le traitement du film est pour le moins inhabituel, que des photos de reconstitutions en noir et blanc, seul un détail, parfois, bouge (une ride sur le visage d’un figurant, un foulard, un œil). Grâce à de très lents travelings, une ciné-caméra nous fait entrer dans ces grandes photos tridimensionnalisées. Nous ne sommes donc pas embarqués dans le mouvement, nous sommes plutôt comme un fantôme qui visite la mémoire figée d’un être humain, cela donne au texte, qui n’est qu’une lecture des lettres d’Erna, une puissance extraordinaire. Nous participons à la vie d’Erna d’âme à âme, comme dans la lecture, plutôt que corps à corps, comme dans le cinéma.

La croisée des vents

Photo annonce du film : « La croisée des vents »

Erna n’a rien de romantique. Ses lettres sont loin d’être des épanchements mélodramatiques. L’amour dont elle fait preuve est pudique et contenu. Mais toujours, on voit qu’elle atténue la dureté de ce qui se passe pour épargner son mari. La vie, tout simplement, l’écrase, la dépouille absolument de tout, la jetant à la merci de tous les petits chefs de camps. Elle n’accomplit rien d’héroïque. Elle compose du mieux qu’elle peut avec les circonstances afin de survivre et de trouver, ici et là, des miettes de beauté, de solidarité, d’humanité pour faire un pas de plus sur le pont étroit de son existence objectivement insoutenable.

À la fin, on se dit : « Peut-il y avoir en ce monde une femme plus belle, plus humaine, plus digne ! Le ciel et la terre n’auraient produit que cette femme que cela valait tout ce décor démesuré d’étoiles, de solitude et de montagnes. » Mais ce n’est pas le ciel et la terre qui ont produit cette âme, c’est elle, en s’adaptant, en continuant, en espérant, en aimant, et elle l’a fait avec des matériaux presque toujours inhumains. Il y a donc dans l’être humain une capacité d’humanité complètement ahurissante. C’est sans doute une des missions de la littérature de nous rappeler qu’une personne, parfois, se forme dans l’œuf de son histoire.

Échapper à son histoire constitue un idéal très étrange, parce que justement, si on en fait un idéal, on risque de manquer le bateau, parce que c’est avec tout ce que l’on est, tout ce que l’on n’est pas et tout ce qui nous advient qu’on fait tout ce qui s’échappe. Et cela comprend nos mesquineries, nos peurs, nos retranchements, nos défaillances, nos défaites, nos abandons temporaires, mais pas d’abdication totale et définitive. Un fil de continuité subsiste. Il ne faut pas croire non plus que l’espoir consiste à dénier le désespoir, au contraire, c’est souvent en s’assoyant désespéré devant une situation désespérée que sourd du désespoir assumé ce qui nous permettra d’entrevoir et de ressentir ce fil de continuité. En bout de piste, « avoir traversé » nous surprendra nous-mêmes comme si quelque chose qui n’était pas là avait pris racine et s’était fait une place.

Cette preuve de la possibilité de l’âme humaine n’est pas une preuve mais une expérience, sinon, ce ne serait qu’une croyance ou une incroyance. Aussi je pense que l’être humain fuit toutes les difficultés avec raison, mais voudrait en avoir traversé quelques-unes avec dignité.

Dans Le Pavillon des cancéreux, Alexandre Soljenitsyne, nous fait voir, pèle mêle la naissance de quelques âmes contre l’embaumement de quelques autres. Je voudrais continuer mon blogue sur le puissance du cancer à stimuler les ressorts de l’âme.

Affronter le cancer en plein santé… intérieure: Le mystère de la condition humaine

J’étais sur le traversier de Lévis à Québec, et soudain, en bougeant mes doigts dans le froid, j’ai réalisé que je n’avais aucune idée de comment ça fonctionne. Ça fait soixante-et-neuf ans que je suis dans ce corps, et je ne sais pas comment ça marche. Je me coupe le doigt, je vois du sang, les lèvres de la coupure, des drôles d’aspérités dans la chair, je n’y connais rien, la coupure va se recoller, et je ne sais même pas comment ça marche. Tout à coup, je me perçois dans un corps étranger qui, en principe, serait moi… Je ne sais pas si cela vous est déjà arrivé, mais c’est assez inconfortable.

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Fusain de Pierre Lussier

La condition humaine est vraiment très étrange, nous naissons dans un corps, nous vivons dedans, nous sommes tellement un avec lui que nous sommes toujours pris entre deux manières de le percevoir :

  • soit le prendre pour notre « tout » matériel complètement déterminé comme on suppose que le sont toutes les choses matérielles ;
  • soit pour notre ancrage dans les merveilles du monde autour de notre noyau identitaire qui peut, lui, atteindre une autonomie suffisante pour prendre son envol (une âme).

Notre corps, nous ne savons même pas si nous en sommes le prisonnier absolu, ou si nous pouvons faire quelque chose pour prendre notre liberté avec lui ou, peut-être, sans lui. Le seul moyen de le savoir, ce n’est pas de tergiverser sur notre liberté, c’est de l’exercer.

Notre identité est ainsi faite, nous ne sommes pas une chose. Si tel était le cas, il faudrait d’abord se connaître et ensuite nous pourrions voir ce qu’on peut faire avec cette chose. Dans le cas « humain », nous sommes condamnés à faire le contraire, à passer à l’action pour connaître les dimensions de notre liberté, les utiliser, et ainsi faire l’être en le devenant.

Donc, notre ignorance de nous-mêmes n’est pas une erreur du fabriquant qui ne nous a pas laissé un bon manuel d’utilisation, notre ignorance est la première chose qui nous met sur la piste de l’action créatrice. Agir avant de savoir est notre condition, plonger avant de connaître le résultat est notre situation, et en même temps, c’est la définition précise d’un acte de foi.

Mon corps, non seulement m’est étranger du point de vue de la connaissance, bien plus que cela, il suffit d’étudier un peu de biologie pour réaliser que je ne dispose pas d’une intelligence suffisante pour en comprendre tous les « mécanismes » qui sont d’ailleurs si complexes qu’on ne peut pas les appeler mécanismes sans avoir déjà gravement travesti leur complexité qui fonctionne comme une unité. Si j’étudiais toute ma vie l’anatomie et la physiologie, la chimie moléculaire et cellulaire, le fonctionnement des cellules, des bactéries et des virus, le système digestif, et tous les autres systèmes, on me dirait savant, mais je serais encore très loin de comprendre comment un spaghetti sauce tomate peut se transformer en neurones ou en battements de cœur. La vie réussit l’exploit de me tenir en vie et je ne sais pas comment.

Mon ordinateur portable non plus, je ne sais pas comment il fonctionne, mais je sais qu’il y a des personnes qui le savent puisque ce sont des personnes qui l’ont construit. Dans mon cas, lorsque mon corps se détraque, je vais voir un médecin, un chirurgien, un oncologue, un expert et je les vois tâtonner. Pour seul exemple, l’oncologue spécialisé d’un hôpital universitaire ne peut pas répondre à cette simple question : comment mon cancer est-il arrivé ? C’est une question importante, car il veut tout détruire mes cellules cancéreuses pour me mettre dans l’état où justement j’étais avant d’avoir le cancer, et pourtant, avant d’avoir le cancer, je n’avais pas le cancer, mais je l’ai eu quand même. Alors comment ? Car justement je voudrais éviter que cela se reproduise. Mais il ne sait pas. C’est pourtant la raison pour laquelle la chimio qu’il me propose diminue à peine mes risques de rechute.

C’est normal qu’il ne sache pas, ce n’est pas nous qui avons fait cette « machine » qui n’est pas une machine. Mais je suis quand même dans ce corps que personne ne connaît vraiment parce qu’il a été fait par je ne sais qui ou quoi de bien plus intelligent que nous.

Nous sommes à l’ère où l’on n’aime pas les réponses magiques comme « Dieu ». Je veux bien. Donc, nous utilisons des mots comme nature, vie, évolution, milliards d’années d’évolution… Pour ma part, je ne vois pas comment les mots « milliards d’années d’évolution » sont moins magiques que le mot « Dieu » qui veut dire : la source nommable. Tout le monde est d’accord pour dire que l’évolution est maître de tout, mais personne n’est capable de dire ce qu’est cette évolution, comment elle fonctionne, comment elle arrive à tant de complexité, etc. Bref, c’est un mot magique et même un mot-mystère comme plusieurs autres. Car comment quelque chose qui n’aurait absolument aucune intelligence pourrait-il progresser en intelligence en réalisant un cosmos comme celui dans lequel nous sommes plongés ?  N’est-ce pas au moins aussi mystérieux que l’idée d’une source créatrice en évolution dans sa création, comme par exemple Jean-Sébastien Bach ?

La science post-classique (après Einstein) nous a appris que tout ce qui se passe dans le monde qui nous entoure n’est pas arbitraire, ni chaotique, ni totalement imprévisible, ni totalement incompréhensible, à preuve, la science avance en connaissances. Pourquoi arrive-t-elle à avancer sans arriver à des certitudes complètes et suffisantes ? Peut-être parce que tout suit des lois très précises, des mathématiques qui sont encore au-dessus de nos capacités, une cohérence indéfectible. Bref, le spaghetti que je digère et qui me révèle toute mon ignorance, je sais au moins qu’il répond à une cohérence qui fait que ça marche. Et de plus, je peux accéder par mathématiques et par sciences au b-a-ba d’une compréhension approximative. Je ne sais pas vraiment comment ça marche, mais ça marche, et je peux en apprendre tous les jours sur son fonctionnement.

En étudiant, j’ai même appris que le cosmos est un époustouflant mystère d’une durabilité à n’en plus finir vu que même les galaxies, lorsqu’elles meurent, donnent naissance, même les effrayants trous noirs qui avalent les galaxies de l’intérieur, engendrent des énergies et des informations à une échelle totalement démesurée, et que l’énergie noire (anti-gravitationnelle) joue de l’accordéon avec la gravité.

Disons que cette intelligence cohérente qui va bien au-delà de la nôtre s’appelle « nature évolutive », mon corps est plongé en elle et suit ses lois. Je vis et je meurs par ses lois. Alors pourquoi ai-je dit précédemment (blogue précédent) : « …si Dieu le veut » ? Est-ce simplement pour passer d’un mot-mystère à un autre ?

Non ! parce que je suis plongé tout entier dans la « nature évolutive », cependant, lorsque je vois un arbre, une montagne, un paysage, je me retrouve certes dans un grand inconnu en partie connaissable, mais je goûte l’œuvre. Je ne sais pas comment une grande œuvre musicale opère sur mon corps, mais elle met mon âme dans un état particulier. Cet état, je le retrouve aussi devant des épinettes qui se dressent dans la neige devant ma fenêtre.

Bref mon corps et toute la « nature » sont, non seulement des œuvres d’intelligence, mais aussi des œuvres d’art. Et pour moi, cela veut dire que l’intelligence de la nature est infiltrée d’un Artiste qui peut me rejoindre au cœur. Et c’est à lui que je dis : « Si Dieu le veut ». Lui, il est sensible.

La nature elle, que je pleure, ou que je crie, que je m’arrache les cheveux ou me résigne, elle suivra ses lois, et c’est très bien ainsi. Alors, je ne lui parle pas parce qu’elle ne me parle pas. Elle fait son travail, mais elle est infiltrée d’une intelligence artistique qui me rejoint. Elle est infiltrée d’une intelligence qui aime une beauté qui me rejoint, une intelligence certes démesurée par rapport à la mienne, mais parente avec moi du point de vue artistique, dans le cœur à cœur. Et si je suis entre les mains de la nature comme quelqu’un qui n’y peut rien, je suis entre les mains de l’Artiste comme quelqu’un qui résonne à sa beauté.

L’Artiste est mon familier, nous appartenons à la même famille, car nous résonnons à la même musique, aux mêmes couleurs, aux mêmes formes mouvantes et évoluantes.

Par mon corps, je participe de la nature évoluante et je suis ses lois, mais par mon noyau sensible à la beauté (âme), je participe à sa créativité artistique. Par l’un, je subis et j’ignore ; par l’autre, je résonne, j’agis, j’apprends, je crée, je participe librement à sa créativité.

Dans la sensibilité de mon noyau intérieur, je lui dis : « Comme je ne sais pas trop qui je suis, où je suis et où je vais, guide-moi. » Je le dis sachant qu’il ne m’enlèvera jamais un seul millimètre de liberté et qu’il ne me sortira pas de mon immersion dans la « nature évoluante », il n’agira jamais comme un maître tient en laisse un âne, mais comme une lumière qui éclaire mon chemin.

Et c’est cela que je veux, qu’il m’éclaire et me soutienne, mais me laisse devenir tout ce que je peux être. Ce qu’il veut est ce que je veux au plus profond de moi : mon envol. Alors, que ma volonté soit ta volonté et je suis déjà en vol.

Affronter le cancer en pleine santé… intérieure: le choix de vivre

Il ne suffit pas de dire non à la chimiothérapie. Le cancer est une altération des processus de communication qui isole certaines cellules qui deviennent alors anarchiques et se reproduisent n’importe comment. Normalement, il y a des oncogènes (protéines qui stimulent la division cellulaire) qui disent aux cellules d’une région : « Reproduisez-vous ». Par exemple, si nous avons été fortement écorché et qu’une blessure vive a besoin de peau pour se refermer, alors les oncogènes donnent l’ordre de la reproduction pour remplir le vide, mais les anti-oncogènes (protéines inhibitrices de la division cellulaires) devront arrêter le processus au bon moment, sinon, ce ne serait plus une cicatrisation, mais la formation d’une tumeur.

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D’autre part, les mitochondries (petites usines énergétiques dans la cellule) qui utilisent une pompe à transfert potassium-sodium peuvent devenir dysfonctionnelles. Alors qu’elles « brûlent » normalement des sucres par combinaison avec l’oxygène, sur commande, elles peuvent aussi produire des synthèses favorables à la division. Lorsqu’elles sont dysfonctionnelles, elles se mettent à favoriser la division cellulaire, et donc la production des tumeurs.

Le prix Nobel de médecine, Luc Montagnier, le dr. Schwartz et plusieurs autres étudient la fonction des mitochondries dans les cancers de vieillissement comme le cancer colorectal, par exemple. Il y a assez longtemps, on avait constaté que si on introduisait des mitochondries d’une cellule cancéreuse dans une cellule saine, la cellule saine devenait cancéreuse. Par contre, si l’on remplaçait le noyau d’une cellule cancéreuse par un noyau sain, la cellule restait cancéreuse. D’où l’importance des mitochondries dans certains cancers qui en font des maladies du métabolisme. C’est mon cas.

Ces recherches n’ont pas encore abouti à des traitements homologués. Cependant, elles confirment l’importance d’une alimentation très faible en sucre mais aussi très réduite en quantité. On suggère aussi deux enzymes extraits de plante qui sont vendus dans les magasins de produits naturels : l’acide alpha-lipoïque (extrait de pépin de raisins) et l’hydroxycitrate (extrait de Garcinia cambogia). Attention, il faut suivre les doses recommandées.

Les processus du cancer sont extrêmement complexes autant que la biologie cellulaire et les communications entre cellules et avec tout le corps dans son entier, et là, mon diagnostic est formel, quelque chose dans mon corps est désorganisé, du moins partiellement. Je dois faire quelque chose pour terminer mon œuvre sur terre, si Dieu le veut. Je reviendrai plus tard sur ce bout de phrase complètement anti-révolution tranquille : « si Dieu le veut », car je ne le comprends pas comme les « croyants » que je rencontre ni comme les « incroyants » qui m’évitent (deux étiquettes pour catégoriser des systèmes de préjugés).

Je veux bien guérir, mais il n’existe pas pour le moment de remèdes ou de thérapies scientifiques qui guérissent, la biologie du cancer n’est pas assez bien comprise. Un vrai traitement rétablirait l’information juste, il serait efficace à un niveau très élevé comme certains vaccins ciblés ou certains antibiotiques spécifiques. Le dernier oncologue que j’ai rencontré, très honnête et sympathique par ailleurs, me disait que statistiquement les personnes qui avaient un cancer similaire au mien avaient une chance sur quatre (1/4) environ de survivre plus de 5 ans, et avec la chimiothérapie, ils ont une chance virgule quatre sur quatre (1,4/4) de survivre. C’est dire jusqu’à quel point il n’y a pas actuellement de thérapies scientifiques efficaces contre ces types de cancer, et vraisemblablement nous en sommes assez loin car, premièrement, il y a énormément d’inconnus et, d’autre part, les fonds de recherche sont très fortement accaparés par l’industrie pharmacologique dans la répétition de ce qui ne marche pas, mais coûte très cher.

En attendant, que faire ?

Pendant 68 ans, mon système immunitaire réussissait à se débarrasser des cellules cancéreuses qui apparaissaient ici et là à cause de toutes sortes de petites déficiences dans les communications et l’usure des mitochondries. Et puis, il a été débordé pour des raisons encore inconnues : un virus, un polluant de l’environnement, un produit chimique, un médicament, une déficience héréditaire, un choc émotif, une vie qui va trop vite… Une combinaison de deux cents facteurs ! Impossible de savoir.

Dans ce cas, je ne trouve pas d’autres pistes possibles que de miser pour le maximum de santé pour moi et mon système immunitaire tout en défavorisant le cancer.

Certains cancérologues, médecins, ou naturopathes, à défaut de thérapies scientifiques achevées et patentées, ont expérimenté toutes sortes de cures. J’ai choisi, pour base, la cure qui avait la plus longue expérience, car il faut beaucoup de temps pour trouver empiriquement ce qui soutient le mieux le système immunitaire en nuisant le plus possible à la prolifération des cellules cancéreuses.

Les principes de cette thérapie naturelle et empiriques sont simples :

  1. soulager le système immunitaire en évitant toutes les agressions prévisibles (habitudes de vie et habitudes alimentaires hypotoxique)  ;
  2. renforcer ce système immunitaire par des vitamines et des enzymes bien équilibrées (par alimentation plutôt que par capsules) ;
  3. s’assurer de l’équilibre sodium-potassium ;
  4. augmenter les aliments très faciles à métaboliser correctement et diminuer, voire éliminer les aliments difficiles à métaboliser et ce, sans engendrer des déséquilibres physiologiques, ou vitaminiques ou enzymatiques ;
  5. soutenir l’équilibre métabolique en facilitant l’évacuation des déchets ;
  6. rehausser tous les facteurs de santé physique et mentale, exercices physiques, relaxation, méditation…

Cela suppose, entre autres, des analyses de sang et d’urine très élaborées et un suivi précis.

Cela ne veut pas dire que cette cure soit parfaite, et sans critique. Rien de miraculeux, elle n’est pas en mesure de « reprogrammer » les oncogènes et les anti-oncogènes, ni les mitochondries. Lorsque nous sommes affectés par une maladie infectieuse qui n’a ni vaccin spécifique ni antibiotique appropriée, on n’a pas le choix. On aidera le corps à trouver sa solution par lui-même à l’aide de tous nos efforts pour lui donner les moyens de santé nécessaires…

C’est une cure, très exigeante pour les deux premières années et surtout pour les premiers six mois, presque une tâche à temps complet, mais dès le départ, au moins, on se sent plus en santé, plein d’énergie, avec une bonne concentration mentale, c’est déjà cela de pris. Et deuxième avantage, elle nous impose presque une vie monastique, ce que j’aime bien. J’ai beaucoup de temps pour méditer, écrire, réfléchir, et si j’ai à mourir, je mourrai au maximum de ma santé !

Il s’agit de la cure Gerson modifiée, version personnelle, car, avec l’aide d’une naturopathe d’expérience, de conseils d’amis, d’études personnelles, je l’ai adaptée à ce que je crois être le mieux pour moi. Depuis ma naissance, comme tout le monde, je suis mon propre cobaye, aussi bien l’assumer jusqu’au bout.

J’ai bien l’intention de tirer parti de la situation, de me tenir à la pointe de ma conscience et de mener ma vie sur l’arête du plus grand bonheur souhaitable dans la plus grande lucidité possible. C’est de cela que j’aimerais surtout parler dans mes prochains blogues. Car le cancer comme toutes maladies qui jouent avec la mort constitue une très bonne piste pour un nouveau départ.