Cahier des heures décisives (suite)

Rappelons l’intention de cette série de blogues: Tenter de répondre sérieusement à la question: « Qui suis-je? »

Le sous-marin social

Céline Fernbach celine.fernbach@gmail.com (2)

Quand je pense à mon enfance, j’ai l’impression que personne ne semblait voir les arbres, pourtant, il y en avait beaucoup dans mon quartier. Imaginez une société où les adultes peuvent communiquer entre eux, juste entre eux, tout le reste, les nuages, les coins d’herbe, les arbres sont relégués à l’état de choses refermées sur elles-mêmes, on les oublie, ils sont considérés sans âme… Les hommes de cette société vivent entre eux, le reste est une sorte de décoration. C’est l’impression que m’a laissée le Montréal de mon enfance. Nous, les enfants, du moins avant le choc de l’école, on avait les chats, les touffes d’herbe entre les pierres, les arbres, les chenilles…

Une société peut-elle survivre longtemps enfermée en elle-même? Ces gens autour de moi ressemblaient à l’équipage d’un sous-marin coulé par le fond et qui a perdu toute communication avec l’extérieur. Coupés de tout, les hommes se déchirent. Ils deviennent fous. Tel m’apparaissait Montréal.

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