Démocratie 201

Qu’est-ce que la conscience qui nous met en devoir de voir? Elle est la boussole. Elle est l’intelligence des finalités qui demande à l’intelligence des moyens : « Mais où va-t-on? » Elle est notre attachement à la vie qui demande : « Es-tu sûr que, par-là, on ne se cassera pas la gueule? » Sans boussole, on peut aller dans les directions les plus folles. Mais, justement dans quelle direction pointe la vie?

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Dès qu’elle se multiplie, la vie tend vers l’invention d’êtres particuliers très diversifiés, chacun capable de voir, chacun capable d’adaptations singulières. En bout de piste de l’évolution : un animal doué de paroles et d’outils qui peut trancher avec le groupe et demander : « Êtes-vous sûrs que c’est par là? » Le pouvoir de voir et l’attachement à la vie sont installés dans la personne singulière et originale, et non dans le groupe.

Cependant, la vie va aussi dans une autre direction : l’individu ne peut pas survivre sans la protection d’une famille, d’un clan, d’un regroupement… Les regroupements ont essentiellement un but de protection. Et à ce titre, ils tentent d’éviter que l’individu ne s’éloigne un peu trop des autres, qu’il ait des comportements trop différents… Comme dit la chanson : « Il est des nôtres, qu’il boive comme les autres. »

Au nom de la protection, les groupes ont tendance à imposer une certaine uniformité. Ils ont donc tendance à raboter et à niveler les consciences.  Dans un groupe, on risque de voir et de dire comme tout le monde. C’est pourquoi un troupeau peut parfois prendre panique et se précipiter vers une falaise. Aller tous dans la même direction est un grand danger. Dans une grande masse d’individus, la panique peut être lente, mais c’est toujours une multitude dans laquelle les objections individuelles sont niées. Plus gravement, c’est un état du pouvoir collectif qui s’autorise à tuer des personnes au nom de l’uniformité d’une idéologie.

C’est le contraire de ce que doit être la démocratie.

Si vous me suivez bien, il existe deux mouvements qui tendent à être contradictoires mais qu’il faut rendre complémentaires : un mouvement qui va vers la diversité, l’originalité de la personne consciente qui voit indépendamment des autres; un autre mouvement qui va vers la protection d’un groupe, et au nom de cette protection, recherche l’uniformité.

Au positif, c’est par la persévérance des personnes conscientes qu’un regroupement peut finir par cesser d’avoir peur de l’intelligence et de la conscience de chacun. Au négatif, une organisation ou une institution où personne ne remet en question la direction court à l’aveugle. Ce genre d’organisation, surtout si elle est massive, possède la force d’un troupeau de bisons en pleine course, mais elle n’a pas d’intelligence.

L’intelligence des finalités demande la coordination de personnes conscientes et affirmées. C’est ce genre de regroupement qui change le monde et qui constitue la démocratie en marche.

C’est ce genre de démocratie que nous voulons former à Sageterre.

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Une réflexion sur “Démocratie 201

  1. Bonjour,
    La marginalité est souvent rejetée par beaucoup de gens et toujours difficile à intégrer dans les regroupements. La marginalité, c’est comme être peint en noir. Elle dérange. Elle engendre des fortes réactions.
    Les idées différentes ou innovantes dérangent, déstabilisent et bouleversent l’autre personne dans ses fondements, ses certitudes, ses vérités ou ses croyances. Elles créent de l’insécurité et des remises en question.
    Sans cette marginalité, la démocratie ne peut pas être optimale, elle s’en va en claudiquant, ralentissant la marche de la société et du vivre ensemble.
    L’arbre marginal se retrouve souvent à l’orée de ma forêt, droit et fier comme un coq, branchu jusqu’au sol, court et trapu se maintenant avec force et robustesse contre les intempéries, les grands froids, les grands vents, les tornades et toutes les calamités. Les arbres au centre crient leurs insatisfactions, mais, ce qu’ils ne savent pas, c’est que l’arbre marginal brisent les grands vents, les intempéries et les tornades, et ce faisant les protégeant du chablis, des engelures et aidant à créer dans le centre un microclimat qui les protègent au fond.
    Le marginal fait parti de l’écosystème et il a un rôle à jouer. J’appelle cet arbre marginal le gardien des principes et des valeurs.

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