Démocratie 301

Une vraie démocratie n’est pas la soumission à une quantité statistiquement significative d’individus manipulés par les grands médias, ce qui nous ramènerait au troupeau; la démocratie est la solidarisation progressive des personnes éclairées.

Jacques-Sageterre Juillet 2012 (49)

Nous sommes actuellement à une limite. Dès le début de l’histoire, les tribus se sont regroupées en nations pour faire front commun contre des ennemis. Unis contre un ennemi. Si la planète avait été attaquée par de puissants extra-terrestres, gageons que les nations seraient déjà regroupées en gouvernement planétaire…  Mais justement, aujourd’hui, les Terriens se rendent compte qu’ils ont un ennemi commun qui met en péril leur planète. Cet ennemi, c’est eux-mêmes. Nous sommes donc à une étape de l’histoire où nous devons progressivement former une démocratie universelle de personnes responsables qui osent voir et agir.

Vers la démocratie universelle

Il convient, ici, de faire la différence entre l’individu et la personne. L’individu est la partie indivise d’un tout, par exemple, le plus petit morceau d’une grosse roche : un cristal. Chaque grain est vu comme une partie uniforme du tout. On peut facilement comptabiliser les individus, et leur addition fait le tout.

Une personne, au contraire, arrive avec sa conscience, sa créativité, sa manière de voir autrement. Une organisation de personnes repose sur la complémentarité des différences, elle associe le voir, le pouvoir et la boussole. Elle est inventive et adaptative.

Une démocratie est un processus d’engagement progressif des personnes qui veulent un monde viable et harmonieux.

Avant la démocratie, c’est le règne de la force qui mène le monde. Dans un tel monde, certains accumulent les armes pour intimider, l’argent pour acheter du travail et les moyens de communication pour manipuler les foules. Ils poussent les autres à faire ce qu’ils ne feraient pas d’eux-mêmes s’ils étaient bien informés et pleinement conscients. Ils appellent cela le « pouvoir », leur « pouvoir », mais c’est simplement l’impuissance dans laquelle ils acculent les autres. Et cela mène au désastre. Car la nature est ainsi faite que pour ne pas frapper un gros mur de conséquences, il faut utiliser toutes les capacités de voir et de penser de chacun.

L’utilisation de la force est l’affaire d’individus (et ne pas de personne) qui se prennent pour d’autres, et même pour beaucoup d’autres. On comprend clairement ici que ce genre d’individualisme résulte simplement d’un conditionnement de masse. Une personne, c’est une conscience qui résiste à ce conditionnement. La démocratie n’est pas le mouvement des individus conditionnés, mais le mouvement des personnes résistantes.

Actuellement nous avons fait un pas en direction des démocraties nationales, mais nous vivons presque entièrement sous le règne de la force (arme, argent, manipulation). La démocratie se construit principalement, mais pas exclusivement, dans de petits rassemblements, de petites organisations, c’est assez formidable de voir, comment à Rimouski, par exemple, la démocratie universelle est en marche.

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Qu’est-ce que la conscience qui nous met en devoir de voir? Elle est la boussole. Elle est l’intelligence des finalités qui demande à l’intelligence des moyens : « Mais où va-t-on? » Elle est notre attachement à la vie qui demande : « Es-tu sûr que, par-là, on ne se cassera pas la gueule? » Sans boussole, on peut aller dans les directions les plus folles. Mais, justement dans quelle direction pointe la vie?

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Dès qu’elle se multiplie, la vie tend vers l’invention d’êtres particuliers très diversifiés, chacun capable de voir, chacun capable d’adaptations singulières. En bout de piste de l’évolution : un animal doué de paroles et d’outils qui peut trancher avec le groupe et demander : « Êtes-vous sûrs que c’est par là? » Le pouvoir de voir et l’attachement à la vie sont installés dans la personne singulière et originale, et non dans le groupe.

Cependant, la vie va aussi dans une autre direction : l’individu ne peut pas survivre sans la protection d’une famille, d’un clan, d’un regroupement… Les regroupements ont essentiellement un but de protection. Et à ce titre, ils tentent d’éviter que l’individu ne s’éloigne un peu trop des autres, qu’il ait des comportements trop différents… Comme dit la chanson : « Il est des nôtres, qu’il boive comme les autres. »

Au nom de la protection, les groupes ont tendance à imposer une certaine uniformité. Ils ont donc tendance à raboter et à niveler les consciences.  Dans un groupe, on risque de voir et de dire comme tout le monde. C’est pourquoi un troupeau peut parfois prendre panique et se précipiter vers une falaise. Aller tous dans la même direction est un grand danger. Dans une grande masse d’individus, la panique peut être lente, mais c’est toujours une multitude dans laquelle les objections individuelles sont niées. Plus gravement, c’est un état du pouvoir collectif qui s’autorise à tuer des personnes au nom de l’uniformité d’une idéologie.

C’est le contraire de ce que doit être la démocratie.

Si vous me suivez bien, il existe deux mouvements qui tendent à être contradictoires mais qu’il faut rendre complémentaires : un mouvement qui va vers la diversité, l’originalité de la personne consciente qui voit indépendamment des autres; un autre mouvement qui va vers la protection d’un groupe, et au nom de cette protection, recherche l’uniformité.

Au positif, c’est par la persévérance des personnes conscientes qu’un regroupement peut finir par cesser d’avoir peur de l’intelligence et de la conscience de chacun. Au négatif, une organisation ou une institution où personne ne remet en question la direction court à l’aveugle. Ce genre d’organisation, surtout si elle est massive, possède la force d’un troupeau de bisons en pleine course, mais elle n’a pas d’intelligence.

L’intelligence des finalités demande la coordination de personnes conscientes et affirmées. C’est ce genre de regroupement qui change le monde et qui constitue la démocratie en marche.

C’est ce genre de démocratie que nous voulons former à Sageterre.

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Parlons de démocratie. Le contexte. Face aux guerres, aux famines, à la pollution, au réchauffement de la planète, à l’acidification des océans, aux attaques de tireurs fous, spontanément, on se demande : « Mais où va-t-on? » La violence, qu’elle soit contre l’être humain ou contre la nature, est toujours accompagnée d’un sentiment de perte d’orientation. Nous sommes sous le choc. La conscience fait de nous un être moral, c’est-à-dire un être capable d’engendrer lui-même son propre malheur, ensuite, de le déplorer, pour enfin tenter de faire mieux.

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Qu’on le veuille ou non, à l’ère industrielle, l’espèce humaine se retrouve comme un enfant encore tellement ignorant au gouvernail d’un gros bateau dont dépend la vie de tous : plantes, animaux, humains. Ce sentiment est très récent dans l’histoire humaine, et c’est plutôt paniquant. On pourrait toucher à des boutons dangereux, faire dériver le bateau, s’échouer sur un banc de sable. Une grande responsabilité.

La responsabilité vient du fait de voir et du fait de pouvoir. Si quelqu’un se réveille et qu’il voit un récif juste devant le navire, cette personne, si elle est seule à voir et seule à pouvoir crier, alors elle est tout à coup responsable de tout le navire. Ceux qui dorment, ceux qui regardent dans leurs poches ou dans les cieux, ne sont pas responsables, ils sont peut-être même irresponsables, qu’importe qu’ils gouvernent un grand pays ou une grande entreprise.

La vie nous a donné la conscience pour voir et l’intelligence pour pouvoir. Puisque nous pouvons détruire et nous en apercevoir, nous sommes responsables de construire sans tout démolir. Mais le voir n’est pas toujours relié au pouvoir, c’est sans doute notre travail à chacun de tenter de donner des yeux au pouvoir. Et cela, c’est l’aventure de la démocratie qui en est à ses premiers balbutiements. Ici à Sageterre on est peut-être encore plus débutant que tout le monde. Mais on essaie. On espère que chacun prendra le pouvoir que ses yeux justifiront.