Les deux origines

Tout dans le cosmos est une sorte de greffon et possède au moins deux origines :

  • Les racines, le tronc, la vie, l’énergie, l’information de base viennent toujours directement ou indirectement du cosmos lui-même. La galaxie est une partie du cosmos qui s’est spécifiée. Un système solaire est une partie de la galaxie qui s’est précisée. La planète est une partie du système solaire qui s’est contractée. La vie sur terre est une partie de la planète qui s’est hautement organisée. La branche d’un arbre tire sa vie et sa singularité du tronc commun de toutes les branches. Chaque être vivant est une composante singulière de la vie…
  • Chaque élément greffé au tout, chaque greffon, et nous sommes tous des greffons, a quelque chose en lui-même qui lui permet d’acquérir sa particularité. Et c’est extraordinaire. Pour un grain de neige, c’est souvent une poussière microscopique. Pour une feuille d’arbre, c’est un détail qui va interagir avec tout le reste, amplifiant ainsi des différences parfois minuscules.

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Peinture de Pierre Lussier

Il en est de même pour l’identité : elle origine du mystère de la totalité et du mystère de son intériorité. Plus elle semble reliée à l’universalité, plus elle a ce qu’il faut pour échapper à l’homogénéité. Son enracinement ne fait que l’aider à se distinguer. On est loin d’imaginer que plus on est Chinois, plus on est semblable à tous les Chinois. Bien au contraire, un chinois profondément enraciné dans son histoire, dans son territoire, dans son corps, à toutes les chances de se montrer original, différent de tous les autres Chinois.

Pour une grande part, nous sommes déjà faits, nous sommes de la poussière d’étoile organisé. Mais à partir du moment où émerge la conscience de soi, nous participons à notre existence. Avec des matériaux qui sont aussi courants que les conditionnements d’une société, nous pouvons devenir un être vraiment créatif, hors du commun.

Saisir cela, c’est un peu terrifiant, on aimerait bien que ce soit faux, on aimerait bien être victimes des circonstances de notre vie et de nos gènes. Mais, au fond de nous-mêmes, nous savons que nous sommes responsables de nous-mêmes, et que prisonniers, attachés, enfermés, nous avons encore la possibilité d’exercer notre liberté de pensée et d’esprit. En tout cas, d’autres l’ont fait, parfois même dans des situations terrifiantes.

Cela n’est peut-être pas possible pour un peuple qui n’a pas de conscience de soi, c’est-à-dire qui ne ressent plus son territoire, les écosystèmes de son territoire, les animaux, les plantes, les arbres, comme son corps. Mais cela s’est déjà produit, il y a eu des peuples qui ont fait corps avec leur corps au point d’avoir une conscience de soi aigüe. C’est donc possible. On peut acquérir une identité véritable, même si on est un peuple nombreux, mais on ne peut pas le faire en se traitant soi-même comme un moyen plutôt que comme une finalité, comme un réservoir de ressources plutôt que comme une source vitale qui ne demande qu’à s’épanouir.

Si vous allez dans une épicerie de grande surface, peut-être qu’il y a des « étrangers » qui vous servent et qui ne sont pas de la même culture ou de la même couleur, mais ils ont un pouvoir d’adaptation, un pouvoir de greffe. Ils ne seront jamais homogènes, et on saura s’ils se sont intégrés lorsqu’ils seront pleinement créatifs. Mais regardez sur les tablettes, qu’y a-t-il de notre territoire, de notre pays, de la fierté de nos paysans?

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