Question d’identité: Le contexte

Les blogues de la prochaine année porteront sur la question de l’identité.

photos tableaux 363

Peinture de Pierre Lussier

Plusieurs phénomènes mondiaux entraînent des déplacements massifs de populations, souvent forcées de s’exiler :

  • L’extrême pauvreté, l’instabilité politique, les villes ou les régions devenues inviables à cause de la pollution, des inondations ou du réchauffement climatique;
  • L’explosion démographique des populations pauvres, peu éduquées et sous tutelle de cultures qui découragent ou interdisent les contraceptifs. Se sentant menacées de disparition, ces populations explosent;
  • Le développement d’une culture, d’une langue et de technologies mondiales facilitant les communications indépendantes des distances et des frontières.

Il ne s’agit pas de choisir un pays parce que l’on aime ses valeurs, mais de sauver sa vie et sa famille. Des cultures se retrouvent juxtaposées sans vraiment se choisir. Le Québec n’échappe pas à ce phénomène même s’il en est relativement épargné.

Par ailleurs, chaque nation est soumise à des pressions énormes du côté économique :

  • ses pouvoirs sont fortement limités à cause d’un endettement qui équivaut à une tutelle banquière (une décote est toujours possible);
  • son marché intérieur est de plus en plus sous contrôle extérieur de très grands portefeuilles et de grandes entreprises;
  • son système de santé est prisonnier d’une technologie et d’une pharmacie qui l’obligent à augmenter ses dépenses, car qui oserait décider que la santé et la vie possèdent une limite de prix?

Tout cela nous fait entrer dans un sentiment d’impuissance entretenu par un cynisme ambiant qui fait l’affaire de ceux qui font de bonnes affaires avec la peur et l’anxiété. Nos premiers ministres, on le voit bien, font ce qu’ils peuvent pour que nous ne tombions pas en chute libre dans une léthargie économique irréparable. La démocratie se limite à choisir quelques bons gestionnaires, et on n’espère rien de mieux que de rester dans une économie viable.

Culturellement, nous le savons trop bien, notre identité ne pourra plus jamais reposer sur un contenu quelconque de valeurs, de symboles, de traditions. Alors sur quoi fonder une identité culturelle? Et le problème est encore plus difficile pour une identité nationale. Les jeunes se perçoivent déjà citoyens du monde. La « nation » comme la « religion » font partie du passé.

Philosophe réfugié à la campagne, je voudrais réfléchir à cette question à partir de ma terre, de mes arbres, de mon jardin et de mes animaux, de mon enracinement que je partage avec d’autres familles, car je crois que c’est à partir de ce pays oublié que nous pourrons réaliser la transition qui est devant nous.  Il m’apparaît aussi impossible d’y arriver sereinement sans faire un profond détour sur ce qui fait le fondement d’une identité, que ce soit chez une personne, un peuple, un pays. Car l’identité ne pourra plus jamais être une affaire de « contenu stable dans le temps », elle devra reposer sur ses forces créatrices et adaptatives.

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