Le clos d’en bas

Depuis très très longtemps, il existe sous nos pieds un pays dédaigné, un pays vraiment très bas, un pays si bas qu’il faut se pencher, se contorsionner, abandonner son chapeau, ses vêtements trop beaux pour l’apercevoir. Il faut quitter le pays qu’on a installé sur le dessus, le pays qu’on a construit pour rouler sur des pistes bien lisses et s’élever en ascenseur jusqu’en haut des honneurs.

Grange à ses débuts

Ah! Ce qu’il a fallu de rêves, d’idéaux, d’histoires fantastiques, de combats épiques, de prouesses techniques pour élever le pays d’en haut, et en plus, le barder des écrans brillants qui le réfléchissent et le nourrissent de lui-même. Les contes qu’on y raconte sont remplis de dragons, de pouvoirs magiques, de miroirs bavards, de maisons volantes, de trains qui rampent, d’avions stratosphériques, de guerriers aux mille vies.

Néanmoins, pour celui qui est tombé en bas sur le dos ou sur le ventre, dans le pays des arbres aux feuillages bien ordinaires, le pays des branches, de l’herbe et des animaux, c’est le pays d’en haut qui apparaît terriblement ennuyant. Au bas du clos, les poules font des œufs qui ne comportent aucun code-barres ni étiquette bio. Et pourtant, tous les laboratoires d’en haut sont encore incapables de percer le secret d’une poulette de quelques jours picorant sa nourriture dans le bas du clos. Il s’y passe des choses si étonnantes qu’elles feraient pâlir l’imagination de Steeve Jobs si on les observait. Les contes qu’on y raconte nous approchent de si proche qu’on croirait toucher quelque chose qui est là pour vrai.

J’ai entendu dire que vivent, ici et là, des vieux paysans qui ont remonté des petites histoires qui viennent du bas du clos. Ce sont comme des glissoirs jusqu’au pays d’en bas. Ils disent même que si un jour 10% de la population se retrouvait cul sur terre, la planète pourrait à nouveau respirer l’air frais.

J’en ai recueilli quelques-unes sous des thèmes qui n’ont pas plus d’importance que la vie. Et je me suis dit que, vu leur peu d’importance, elles n’apporteraient rien de mortel à mes enfants et à mes petits-enfants.

Puisse un jour arriver sur terre une génération réparatrice de dégâts.

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4 réflexions sur “Le clos d’en bas

  1. Dépuis mon installation dans une msison de campagne, je goûte encore davantage chacun de vos textes. Ils donnent envie de participer à la vie qui bat autour de soi, ne serait-ce qu’un tout petit instant: Planter des arbres fruitiers, même si je ne sais pas qui en cueillera les fruits, faire un potager pour le plaisir de partager et fleurir mon balcon afin de créer de la beauté.
    Semer des herbes pour mieux cuisiner et
    Saisir le prétexte de partager le bonheur et la joie autour de soi.
    Voilà ce que vous offrez et bien plus encore par vos « petites histoires », grandes comme le monde qu’elles éveillent en nous .
    Merci à vous.

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  2. En lisant votre texte, je me suis demandé si pour avoir un réflexe de salut pour la terre, il serait possible d’oublier un moment le pays d’en haut que l’on a construit, et se cantonner dans le pays d’en bas. De toutes parts sur notre planète, la richesse créée, va au pays du dessus. On se sert même des déchets pour rapetisser la mer afin que certains y trouvent une source de profit en agrandissant les zones pour construire des habitations où les poules n’on pas droit de cité et où les habitants de la mer y trouvent la mot!
    Dans Almanach d’un comté des sables, Aldo Léopold écrit: « Le progrès ce n’es pas de faire éclore des routes dans des paysages déjà merveilleux, mais de faire éclore la réceptivité dans des cerveaux humain qui ne le son pas encore ». Oui, toujours selon Léopold, il faut « penser comme une montagne »
    Bravo pour le clos d’en bas!

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  3. lisant votre texte, je me suis demandé si pour avoir un réflexe de salut pour la terre, il serait possible d’oublier un moment le pays d’en haut que l’on a construit, et se cantonner dans le pays d’en bas. De toutes parts sur notre planète, la richesse créée, va au pays du dessus. On se sert même des déchets pour rapetisser la mer afin que certains y trouvent une source de profit en agrandissant les zones pour construire des habitations où les poules n’ont pas droit de cité et où les habitants de la mer y trouvent la mort!
    Dans Almanach d’un comté des sables, Aldo Léopold écrit: « Le progrès ce n’est pas de faire éclore des routes dans des paysages déjà merveilleux, mais de faire éclore la réceptivité dans des cerveaux humain qui ne le sont pas encore ». Oui, toujours selon Léopold, il faut « penser comme une montagne »
    Bravo pour le clos d’en bas!

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  4. Je l’avoue sincèrement et fermement:la vie àu pays d’en. Haut n’a de sens(pour moi) que pcq les 3ou4mois delà saison des » » poussailles ». Je les consacre à préparer et à vivre la saison des pays d’enbas.
    Chaque année sans autre but,aspiration ,motivation(depuis 15 ans), je recommence:: semis, tourner la terre, en serre ou en sol ,l’examiner, identifier ses besoins, «  »notre «  » potentiel, puis semer, mettre en terre, transplant, sarclage,arrosage, tournées fréquentes du territoire!!!Et dialogue..
    Des poules se promènent à leur guise, qui me sont prétées, qui retourneront « à la maison » à mon départ pour le pays en haut! Àvec lesquelles je dois établir un langage, puisque nous partageons les espaces!!

    Voici ce que m’inspiré, Àvec joie, votre texte! Çe matin.

    Merci, Jean , pour tous ces présents que vous nous offrez

    constance Tétreault,.

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