Donner l’hospitalité à l’étranger… surtout lorsque cet étranger est soi-même

Conférence donnée à Buenos Aires, à la demande de L’Association Argentine de littérature francophone.

Quelle est la mission de l’écrivain ?

Comment se fait-il qu’une grande ville où chacun court au travail, se précipite dans les magasins à travers un tohu-bohu de transports étouffants puisse apparaître banale ? J’ai vu l’autre jour, sur un grand écran, un immense camp de réfugiés où des milliers de femmes et d’enfants mouraient de faim. Une fraction seconde plus tard apparaissait la parade des vedettes du Festival de Cannes, tapis rouge et bijoux rutilants. Et personne n’a sursauté. À Montréal, c’est tout de même formidable ces immenses tours de vitrage luisant de bronze et d’argent au pied desquelles des gueux installent leurs haillons pour dormir sur la neige ou le ciment ? Dites-moi comment est-ce possible de ne pas se sentir étranger dans un monde si peu adapté aux êtres vivants que nous sommes ?

Tour de Babel

Une personne naturellement lucide et indépendante d’esprit ne devrait-elle pas se sentir perdue dans cette tour de Babel ? Le sentiment d’extranéité, se sentir étranger, ne devrait-il pas tous nous paralyser ? Mais non ! Tout semble tourner sur des roulettes.

Comenius, le grand philosophe du XVIIe siècle, pensait que le sentiment d’être étranger s’effritait, puis disparaissait sous l’action d’un processus de socialisation qui nous amenait à l’intérieur de la tour de Babel. Une fois à l’intérieur, tout apparaît normal. Depuis la naissance des écoles, les sociétés y arrive efficacement, nous dit Comenius, en séquestrant très tôt les enfants, en les retirant de la vie naturelle où vivent les plantes et les animaux, en les forçant à s’asseoir dans des locaux mal fenêtrés assortis d’un tableau noir sur lequel on écrit des mots : « chien », « bureau », « arbre », « chaise ». Si bien qu’au bout de dix ans tout ce qui est naturel devient une sorte d’abstraction, un jeu de mots et d’images. Lorsque les enfants sortent de telles écoles, c’est comme s’ils regardaient à travers des lunettes programmées : tout leur apparaît normal, même la juxtaposition de la plus grande misère et du plus grand luxe, la circulation des êtres qui ont besoin d’air dans un monde de machines qui détruit l’air. Aujourd’hui nous avons la vie virtuelle qui abstrait l’enfant du milieu naturelle avec une efficacité encore plus redoutable.

C’est la nature, maintenant qui apparait étrange et sauvage, dangereuse et angoissante.

Mais l’écrivain, nous dit Comenius, a échoué son processus d’intégration à la société humaine, il n’a pas bien placé ses lunettes programmées. Il voit par les côtés, alors, il se sent étranger. Il a même un peu l’impression d’avoir atterri en pleine folie collective. Et s’il ne retrouve pas le chemin sauvage des vrais êtres vivants, s’il ne réussit pas à revenir chez lui dans la nature, sous la voûte étoilée où l’air est bon, il sera comme L’Étranger de Camus coincé entre nature et culture, et la tour de Babel, lui paraîtra absurde autant que la forêt lui paraîtra farouche et violente. Il est perdu sur les deux côtés, perdu entre Babel et Nature.

C’est la tâche de l’écrivain, mais de l’écrivain réinstallé dans la nature, d’accompagner l’Étranger plus ou moins refoulé en nous jusqu’à ce qu’il retrouve la sérénité de vivre parmi les êtres vivants. Pour cela, il doit réussir à entraîner le lecteur dehors, à l’amener sous la voûte céleste où se dressent des arbres, où s’étend la mer, où respire la montagne.

Ce genre d’écrivain est un étranger qui, non seulement n’est pas arrivé à entrer à l’intérieur de Babel, mais qui est revenu à sa petite enfance, au moment où une chenille était un miracle. Il est celui qui utilise les mots pour sortir des mots, qui utilise les images pour sortir des images, qui utilise les idées pour sortir des idées.

Il a donné l’hospitalité à l’étranger qu’il est lui-même, il a accueilli son sentiment d’angoisse, il l’a ramené chez lui, dans le vivant.

L’itinéraire d’un écrivain

Je suis né à Montréal. Je dois l’avouer, l’école n’a pas bien fonctionné pour moi. Je m’y suis buté, je suis resté sauvage. Je souffre du syndrome de l’extranéité ; je suis plus heureux parmi les poules et les chèvres que dans un bouchon de circulation. Je suis donc un écrivain selon Comenius, c’est pourquoi j’ai tenté dès le début d’élucider le mystère du sentiment de normalité. Par exemple, pour moi, celui qui m’apparait incompréhensible n’est pas l’Amérindien, c’est le colonisateur, celui qui arrive dans un pays en transportant sa culture comme un blindage et sa violence comme une preuve de supériorité.

Entre le sentiment d’être un étranger dans ma propre culture et d’être un autochtone dans le pays des loutres et des castors, il y a eu un long cheminement, je dois le dire, une route marquée par des rencontres avec des rejetés et des hérétiques. Cela ne me suffisait pas, je me suis fait disciple des écrivains philosophes qui sont revenus à la maison du vivant.

En premier, Marguerite Porète, la philosophe du retour aux forces créatrices de la vie. La première, je crois, à saisir l’intelligence à l’œuvre dans les grandes forêts, à ressentir la féminité de l’utérus du ciel et de la terre, à percevoir l’inépuisable désir de l’être humain de respirer le grand air. On  l’a brûlée vive, Place de Grève à Paris, en 1310.

Bien qu’elle soit l’inspiration de Maître Eckhart et qu’elle arrive avant lui, j’ai connu le Maître en premier. J’ai vécu plusieurs années avec ce moine accusé d’hérésie. Cet étrange dominicain du XIVe siècle m’a amené sous le dôme étoilé de la nuit, là où se retrouve à la fin de son parcours, L’Étranger de Camus. C’est avec Maître Eckhart que je me suis senti chez moi dans le grand cosmos plein de sphères et de mondes à découvrir. J’étais devenu autochtone dans le grand cosmos.

Mais plus j’étais chez moi sous les étoiles, moins j’étais chez moi dans une église quelconque, pas même celle des révoltés contre la religion. Nicolas de Cues, l’étrange philosophe, diplomate et mathématicien a réuni en moi l’athée et le confiant, il les a réconciliés dans une même conscience de leur ignorance. C’était comme ouvrir la porte si lourde qui nous confine dans la minuscule prison de nos connaissances, alors que l’air des montagnes se trouve dans ce que nous ne connaissons pas et dont nous ne soupçonnons même pas l’existence.

J’ai croisé Comenius sur la route, entre Montréal et Rimouski. Une œuvre colossale. C’est l’homme qui a le mieux dénoncé et invalidé le processus de banalisation de la violence. Et du même souffle, c’est lui qui a donné le coup d’envoi d’une humanité qui se reprend en main, un pas à la fois, vers une démocratie universelle du vivant.

Quatre rencontres, quatre romans dont trois sont réédités sous le titre de Professeurs d’espérance. Ces rencontres ont captivé près de 20 ans de ma vie et m’ont préparé aux trois Chants de la terre première qui rendent hommage aux Premiers Peuples, mais surtout, qui visent à nous rapprocher de notre grand-mère la terre.

Car si un jour nous touchons enfin terre, terre vivante, alors, après avoir été enfermé plus de quatre mille ans dans notre sentiment de supériorité, il se pourrait que nous puissions redevenir un Peuple premier, je veux dire, un fondateur d’avenir.

Certes, le christianisme constitue une remarquable synthèse de l’Égypte, des Hébreux, de la Grèce, de Rome et de quelques paroles du « grand étranger » Jésus, le plus incompris de tous, mais malheureusement, cette civilisation s’est elle-même définie par la rupture avec la nature. Elle se considère en exil, et croit que le bonheur n’est pas du côté de la nature, mais du côté du surnaturel qui est devenu aujourd’hui le salut dans l’artificiel.

Mais pour moi, les Professeurs d’espérance avaient fait leur œuvre. Je voulais et je croyais pouvoir retourner dans le Jardin naturel qu’aujourd’hui nous appelons prosaïquement écosystème ou biosphère. Les peuples du Grand Nord m’ont servi de guide.

Ma trilogie forme un long « Chant de la terre première ». Un cycle en trois temps. Comme Mahler, j’ai voulu laisser la terre chanter.

Dans un chant de la terre, l’être humain n’est pas le personnage principal, il occupe une position humble, mais néanmoins magique dans l’immense matrice du monde.  Cela veut dire que le paysage, les forces vives de la taïga, les étendues sans obstacle de la toundra, les rivières, les animaux, les plantes forment le personnage principal.

Les femmes, les hommes sont entraînés par des forces, ils sont agis plutôt qu’ils n’agissent, ils ne remontent pas les rivières, ils sont remontés par les rivières. Ils ne décident pas de leur mariage, ni eux ni leurs parents, ils sont enlacés par les forces du désir selon les puissances qui nouent les êtres.

Les vastitudes qui les enveloppent sont en résonnance avec les vastitudes qui les constituent.

Le Chant de la terre innue, le premier roman du cycle, raconte la légende de cette grande conquête de la joie. Dans les temps très anciens vivaient les chasseurs-cueilleurs du froid. Le fer n’existait pas, mais la terre frémissait. Les étendues sans obstacle de la toundra formaient le tambour, les troupeaux de caribous migrateurs battaient le rythme, les vies humaines vibraient sur la peau tendue de Grand Nord.

Un grand-père, son fils et sa petite-fille vivent sur la haute côte nord du Fleuve-aux-Grandes-Eaux (Le Saint-Laurent). Leur village est de mauvaise humeur. La preuve que ça ne va pas très bien: on se met à vouloir obéir à un seul chef comme un troupeau en panique.

La famille part donc pour une grande expédition vers le Labrador pour capturer la joie, c’est-à-dire le Caribou, parce que sans la joie, qui trouverait la force de vivre?

On broie les bouts des os longs, on mêle cette farine à de la moelle et à de la graisse, on laisse fermenter… On revient avec un fromage plein de joie pour les mariages.

Le Chant de la terre blanche nous fait vivre la rencontre entre l’Européen et l’Autochtone. Une rencontre à la fois passionnée et fracassante.

C’est l’histoire de Mikak, de son clan et des Frères Moraves, une communauté tchèque qui dès le 18e siècle vient vivre avec les Inuits du haut Labrador. Une histoire d’amour qui nous enseigne ce qu’aurait pu être un réel dialogue entre une culture adaptative en phase avec son milieu et une culture d’exilés de la nature, les Européens.

Le philosophe Comenius est pour ainsi dire l’âme des Frères moraves. Avant Jean-Jacques Rousseau, il défendait l’idée que la femme et l’homme naturels sont bons. La partie saine de l’être humain, c’est la conscience personnelle dans un corps aimé ; la partie malsaine, c’est la société obsédée par la domination, la domination de la nature, la domination des femmes, la domination de ses semblables.

Les Frères moraves pratiquaient le communautarisme démocratique, vivaient en familles égalitaires, étaient pacifistes, développaient des écoles de la nature, ils refusaient le pouvoir aristocratique des catholiques et le pouvoir bourgeois des protestants. Aussi bien dire qu’ils étaient constamment persécutés. Ils ne survivaient que dans une fuite continuelle à travers la Pologne, le Danemark, et jusqu’au Groenland où ils fondèrent des villages et apprirent l’Inuktitut.

Ils considéraient l’Europe comme une société cruelle qu’ils voulaient fuir. Ils cherchaient un retour à la nature. Tout aurait dû fonctionner à merveille.

Mais une réelle rencontre n’est pas si simple. Une seule des deux cultures a été assez confiante pour écouter l’autre. En peu de temps, les Inuits connaissaient l’histoire de Jésus, la musique des Frères moraves, leurs techniques de pêche, leurs coutumes, mais, à part Jens Haven, l’intendant morave, les Frères n’apprenaient presque rien des Inuits. L’un apprenait, l’autre enseignait.

La réciproque n’y était pas, car il est plus facile d’enseigner que d’apprendre. Celui qui enseigne reste chez lui, l’autre élargit son territoire.

Mikak est la première femme inuite connue par son nom et par son visage. Jens Haven, tout en restant fidèle à son épouse, Mary, vivra une réelle rencontre avec elle. Ils tracent pour ainsi dire ce qu’aurait pu être un dialogue des cultures entre le monde du Jardin naturel et le monde de Babel.

Dans la spiritualité inuite, il y a de l’âme partout. L’être humain n’est ni séparé ni au-dessus de la nature, il appartient à la communauté du vivant, il a même pour propre d’occuper la place la plus humble et donc, de pouvoir migrer dans chacun des êtres vivants. Son mouvement n’est pas vertical ni linéaire, c’est une ramification. Il s’agit d’entrer dans tous les vivants pour devenir soi-même le territoire entier : faire de sa poitrine l’écho de la grande vibration cosmique. Devenir tout ce que l’on voit.

À la fin du roman, on sent que les cultures de Babel, française, hollandaise et anglaise vont tout raser. Ce sera le massacre des animaux, des arbres, le génocide des Autochtones ; et plus tard, l’industrialisation, la pollution, l’acidification des océans ; et aujourd’hui, l’angoisse, le sentiment d’une totale impuissance à maîtriser notre terrible puissance de destruction.

Le Dernier chant des Premiers Peuples se passe dans un futur proche, disons dans 30 ou 40 ans. Nous sommes en pleine crise climatique. C’est un livre prophétique. Mais le but n’est pas d’alerter, encore moins de désespérer, il s’agit d’inaugurer un nouveau chemin, un nouveau rapport de l’être humain avec la nature, les arbres, les plantes, les animaux, fondé sur le meilleur des deux mondes, leur fécondation mutuelle.

À mesure que j’écrivais le Dernier chant des Premiers Peuples, je découvrais que le bonheur de vivre, c’est tout simplement de s’installer parmi les êtres vivants, car nous y sommes chez nous. Ce qui souffre en nous est la partie non installée, la partie « dé-naturée ».
Une fois établis, chez nous, dans le milieu éminemment mystérieux et envoûtant de la nature, nous pouvons apprendre à vivre avec les vivants!

Voici l’histoire : comme dans la vieille légende huronne d’Aataensic, une jeune Wendat fait une chute de très haut. L’accident se produit tout juste après que son amoureux l’eut trahie. La chute est brutale, mais elle se relève et, encore secouée, elle monte dans un train qui la conduit chez son grand-père, un « traditionaliste » juché très haut dans le nord, à Kawawachikamach.

Là-bas, rien n’a changé depuis sa tendre enfance, alors qu’ailleurs le dérèglement climatique fait rage. La jeune femme retrouve une nature immuable, des animaux ancestraux, un monde hors du temps. Mais quelque chose n’est pas normal : un passé se démêle, les sensations sont trop denses, les couleurs opèrent comme des remèdes… La voilà partie pour une autre aventure, accompagnée d’ancêtres, de loups et d’une baleine bleue, un voyage de vérité et de décision qui l’amène dans les bras brûlants et guérisseurs de la montagne.

Elle est embarquée vers le grand rassemblement. La montagne sacrée, le mont Caubvic, au cœur des Turngat, appelle les sages, plantes, animaux, humains, pour discuter de notre destin commun avec tous les vivants.

Nous ne sommes pas voués à la mort ni à la rage contre la Nature et contre nous-mêmes. Ce n’est pas cela l’histoire. L’histoire, c’est que la vie tape du tambour, que les couleurs sont de la musique à nos yeux. L’histoire, c’est que dans cette musique et par cette musique, l’âme humaine amplifie sa hauteur, sa largeur et sa profondeur. Cela constitue une joie dont le premier témoin luit dans la nuit et emporte le suivant, le suivant brille à son tour et emporte le troisième, et ainsi de suite jusqu’à ce que chacun de nos petits bateaux penchés se redresse dans l’immensité.

Les conséquences et les lois de l’avenir

On voit arriver sur nous les conséquences du pétrole et de nos abus. On se dit, on va passer un mauvais quart d’heure, mais « on s’en est toujours sortis ». Les effets secondaires que nous avons provoqués, nous allons les résorber par notre science et nos techniques.

Mais le problème n’est pas là. Notre écologie malade n’est que le symptôme. C’est notre âme qui n’en peut plus. Nous devons ouvrir un nouveau chapitre, le chapitre de l’homme inclus, de l’être humain qui accepte enfin de s’inclure dans le grand concert de la vie.

L’écrivain, celui qui ne se laisse pas prendre par les mots, est un inadapté pour qui sa propre culture n’est pas un critère de normalité. Il a trouvé son chemin en élargissant les mots jusqu’à les faire craquer, en sortir et toucher les racines de sa propre nature.

Là se confondent sa propre source et la source de tous les vivants. Dans la vigne, le sarment est greffé au cep, la source de mon univers intérieur est la même que la source de l’univers extérieur. La preuve : La beauté du monde me fait vibrer comme une âme sœur.

L’écrivain, l’ouvreur de mots, arrive à cette liberté en proportion de son hospitalité à l’étranger qu’il est et à l’étranger que sont les autres. D’ailleurs qui peut donner hospitalité à l’étranger, s’il ne s’est pas d’abord accueilli lui-même dans sa propre maison.

Dans l’histoire de notre civilisation, on ne doit pas oublier que les plus grandes œuvres ont surgi de la rencontre entre cultures étrangères. Par exemple, au XIIe siècle, le rabbin Maïmonide, le philosophe arabe Averroès, la poésie soufie, la théologie chrétienne se rencontrent à Cordoue dans un climat de tolérance. Il s’en suivra Thomas D’Aquin, Marguerite Porète, Maître Eckhart, l’amour courtois, et l’idée de la personne humaine.

La tolérance ne consiste pas à juxtaposer des mondes isolés, mais à les mettre en conversation plutôt qu’en tentative de mutuelles conversions.

Mais cela ne suffit pas. Tant qu’il y aura sur un côté le monde des hommes et sur l’autre, le monde des plantes et des animaux, on ne s’en sortira pas.

L’hôte premier, celui qui nous accueille, celui qui donne l’hospitalité, c’est le pays des montagnes, des rivières, des arbres, des plantes, des animaux, des autochtones de la terre et des mers. La vie donne l’hospitalité à la différence. Elle ne recherche pas l’homogénéité, l’uniformité.

Nous, les humains, nous arrivons en bout de piste, après une immense aventure de plusieurs milliards d’années de diversification. Nous existons parce que la vie est d’une extraordinaire tolérance pour l’initiative, l’invention, la création.

Mais elle ne supporte pas longtemps le retranchement sur soi et l’inadaptation aux conditions de la vie.

En terminant, je voudrais revenir sur l’étranger. Le titre de ma conférence était : Donner l’hospitalité à l’étranger, même lorsque cet étranger est soi-même.

Il y en a un en chacun de nous. Il met en cause nos certitudes, il ne nous trouve pas tout à fait normal, il n’est pas convaincu que nous constituions le critère du monde. Dans le croyant, il est l’incroyant. Dans l’incroyant, il est le croyant. Il n’est pas non plus le sceptique absolu, car il doute du scepticisme.

Nous pensons l’avoir attrapé? Non, il s’est enfui en nous laissant son vêtement.

Il est la conscience dans notre pensée. Quand nous avons l’impression qu’il mélange tout, qu’il fait feu de tout bois, nous avons tort. Donnons-lui l’hospitalité. Installons-le chez nous, et nous verrons qu’il rassemble tous les matériaux de notre monde intérieur autour d’un noyau intégrateur vital, et alors, notre pensée n’est plus mécanique, c’est un caribou en pleine course.

C’est cela un chant de la terre, il nous rend autochtone de la terre.

RÉFÉRENCES

Albert Camus, L’Étranger , Les Classiques des sciences sociales; format Word, PDF, RTF, domaine public au Canada.

Comenius, Jan Amos Komenski, The Labyrinth ofthe World and the Paradise ofthe Heart, trad. H. Louthan et A. Sterk, Mahwah, New Jersey, Paulist Press, 1998.

PUBLICATIONS DE JEAN BÉDARD

Essais:

La  relation d’entraide. Éditions De Mortagne, Boucherville (Québec), 1986, 170 pages.

Familles en détresse sociale. Tome I et Tome II. Éditions Anne Sigier, 1998, 190 pages et 205 pages. Réédité en un seul volume en 2002.

Comenius ou Combattre la pauvreté par l’éducation de tous, Montréal, Liber, 2005, 144 pages.

Le Pouvoir ou la vie, repenser les enjeux de notre temps, Montréal, Fidès, 2008, 350 pages.

L’écologie de la conscience, Montréal, Liber, 2013, 500 pages.

Comenius, ou l’art de combattre la pauvreté par l’éducation, Berlin, Éditions universitaires européennes, 2015.

Le journal d’un réfugié de campagne, Leméac, automne 2017.

Essais en collaboration :

L’incertitude, de Maître Eckhart au professeur Prigogine, publié dans Ilya Prigogine L’Homme devant l’incertain, Paris, Odile Jacob, 2001, pp. 277-294.

Romans:

L’âme déliée (roman). Éditions Stanké, Montréal  (Québec), 1989, 300 pages

L’oeil de Tchicohès (roman). Éditions ÉDITEQ, Québec, 1991, 209 pages.

Maître  Eckhart. Éditions STOCK, Paris, 1998. 360 pages.

La Valse des immortels. Hexagone, 1999, 100 pages.

Nicolas de Cues. Hexagone, 2001, 330 pages.

Comenius, l’art sacré de l’éducation, Jean-Claude Lattès, Paris, 2003. 330 pages.

La femme aux trois déserts, Montréal, VLB, 2005, 230 pages.

Marguerite Porète, l’inspiration de Maître Eckhart, Montréal, VLB, 2012, 361 pages.

Professeurs d’espérance, Montréal, Typo, 2012, 648 pages.

Le chant de la terre innue, Montréal, VLB, 2014.

Le chant de la terre blanche, Montréal, VLB, 2015.

Le Dernier chant des Premiers Peuples, Montréal, VLB, 2016.

Traductions :

Maître Eckhart, paru en espagnol, aux éditions Apostrofe, Madrid, 1999.

Maître Eckhart, en langue polonaise chez Panstwowy Instytut Wydawniczy, Varsovie, 1999.

Maître Eckhart, en langue italienne chez Il Punto d’Incontro, 2006.

Maître Eckhart, en langue grecque chez Enalios, 2007,

Comenius, en langue tchèque, aux Éditions Jota, 2006.

Nicolas de Cues, en langue anglaise chez Ekstasis Éditions, 2008.

Extraits sur média et liens pertinent avec l’auteur :

https://www.youtube.com/watch?v=AhBXXWkDLqk

https://www.youtube.com/watch?v=JO6I-FiDOT8

https://www.youtube.com/watch?v=vstss9HxD_M

http://www.hfortier.com/conferences.htm

jphbedard@globetrotter.net

http://jeanbedard.com/

http://sageterre.com/

https://www.facebook.com/jeanbedard111

blogue :

https://jeanbedardphilosopheecrivain.wordpress.com/

 

 

 

 

 

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